Des discours et des actes

logo édito 2

L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

S’est tenu, ce week-end, un congrès du Parti socialiste.

Congrès des discours. « L’Adresse au peuple de France » assure que « le redressement du pays est en œuvre » et que le Parti socialiste mène « bataille contre la désindustrialisation et le chômage » et « contre la crise sociale : école, travail, logement, santé » ; qu’il va « poursuivre la réorientation de l’Europe » et défend « la République indivisible, démocratique, laïque et sociale ». Voilà qui fera chaud au cœur des 6 millions de chômeurs, des enseignants en grève contre la réforme du collège, des hospitaliers de l’AH-HP mobilisés contre le projet Hirsch et le projet de loi Touraine, des millions de travailleurs et de jeunes qui paient les conséquences du pacte de responsabilité et de ses 50 milliards d’euros de coupes exigés par les traités européens ; sans oublier les élus dressés contre la réforme territoriale qui disloque la République.

Congrès des actes. Selon Le Monde, « le nom d’Emmanuel Macron n’a pas été prononcé durant le congrès ». Mais que faire de son projet de loi dont l’examen en deuxième lecture débutait à l’Assemblée le lendemain du congrès du PS, alors que quelques députés « frondeurs » renâclent à le voter ? La solution est trouvée : le gouvernement utiliserait à nouveau l’article 49-3 de la Constitution, permettant de faire adopter la loi sans nécessiter un vote « pour » majoritaire… Ce recours à l’un des mécanismes les plus antidémocratiques de la Ve République semble séduire « beaucoup de socialistes » — « majoritaires » ou « frondeurs » —, car cela « permettrait à chacun de ne pas se renier »… Et tant pis si cela permet aussi à la loi Macron, ainsi adoptée, de déployer ses redoutables rouages de déréglementation contre les travailleurs… Qui s’en soucie vraiment parmi les délégués d’un congrès, certes supposé « socialiste »… mais pour combien de temps ?

Congrès des inquiétudes. « Non, le Parti socialiste n’est pas mort », s’est écrié Valls devant le congrès. « Si jamais le Parti socialiste venait à disparaître… », s’est inquiété Cambadélis. « Ce congrès est peut-être le dernier », s’est interrogé Christian Paul, porte-parole de la « gauche » du PS. Tout cela ressemble à un début d’oraison funèbre. Tous savent que le PS risque de payer au prix fort — sa disparition — la politique de réaction anti-ouvrière déployée par le gouvernement Hollande-Valls. Et pourtant, ils veulent la poursuivre jusqu’au bout, espérant que la présidence Hollande soit la première depuis trente ans à ne pas se heurter à un mouvement de millions de travailleurs dressés avec leurs organisations contre ses contre-réformes (rappelons-nous 1995, 2003 et 2007 sous Chirac, 2010 sous Sarkozy).

Mais rien n’est joué. Comme l’a rappelé notre camarade Jean Markun, lors de l’assemblée-débat organisée le 6 juin par Informations ouvrières, toute la situation appelle « la lutte de classe, et disons-le, la grève générale, (pour) bloquer et défaire ce gouvernement Hollande-Valls aux ordres des capitalistes ». Et, comme il l’a précisé : pour aider la classe ouvrière à se frayer ce chemin, parsemé d’obstacles et d’embuches « la construction d’un parti ouvrier, c’est important ». A la différence d’un PS moribond, il s’agit de construire un parti qui fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait : « Un parti qui se situe sur le terrain de la lutte de classe (…), qui se prononce pour la rupture avec l’Union européenne, avec une bagarre en permanence contre elle (…). Un parti ouvert. » Bref : « La construction d’une force politique ouverte et démocratique qui corresponde à nos intérêts doit être poursuivie. »

Catégories: EDITORIAL

Recevez nos informations

Subscribe to our RSS feed and social profiles to receive updates.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 982 autres abonnés