
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Le 11 juin, les enseignants du second degré sont de nouveau appelés à la grève par leurs syndicats unis pour le retrait de la réforme du collège. Au même moment, après la grève massive du 28 mai dans les hôpitaux de l’AP-HP, la mobilisation se poursuit. Et les syndicats y appellent dans l’unité à la grève le 11 juin pour que Hirsch retire son projet d’aménagement du temps de travail. A travers ces grèves, se trouve posée la situation d’ensemble de l’Education nationale confrontée aux contre-réformes du gouvernement, et de l’ensemble des hôpitaux confrontés à la réforme Touraine. Au-delà, ces mobilisations s’insèrent dans un mouvement plus général qui, pour toute la classe ouvrière, met à l’ordre du jour la convergence contre le gouvernement Hollande-Valls pour en finir avec sa politique de destruction et de misère.
Cela, dans un contexte de crise qui frappe le gouvernement, les partis et les institutions, à commencer par celles de l’Union européenne. Au point que l’éditorialiste du journal capitaliste Les Echos déclare s’inquiéter non plus d’un Brexit ou d’un Grexit (1) mais d’un Europexit, c’est-à-dire de la dislocation de l’Union européenne. A moins d’un accord entre Merkel et Hollande pour réformer l’Union européenne, mais… le gouvernement français, « encore traumatisé par le référendum sur l’Union européenne de 2005, reste hostile à tout changement des traités ».
Dans une telle situation, le lecteur de L’Humanité sera pour le moins surpris d’apprendre que Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a demandé rendez-vous « au président de la République pour lui dire : “La France doit être aux côtés d’Alexis Tsipras et du gouvernement grec” ». Déclaration faite à l’occasion d’un forum sur l’Europe organisé par son parti les 30 et 31 mai. Forum durant lequel, si l’on en croit L’Humanité, il a été question d’« agir pour une autre intégration européenne », mais nullement pour l’abrogation des traités et encore moins pour la rupture avec l’Union européenne.
Se rendre à l’Elysée pour demander à Hollande d’aider le peuple grec ? Ce qui est à l’ordre du jour, c’est de consacrer tous les efforts à l’aide à l’organisation de la lutte de classe en France. Lutte de classe qui fera tomber la politique de réaction du gouvernement Hollande-Valls, portant un coup majeur à tout le dispositif anti-ouvrier de l’Union européenne. Aider à réaliser la lutte de classe pour bloquer la politique de Hollande et Valls, c’est la manière la plus concrète de desserrer l’étau qui étrangle le peuple grec et tous les peuples d’Europe. Ce qui est mis à l’ordre du jour par la montée de la lutte de classe en France, comme dans tous les pays d’Europe, ce n’est pas « l’intégration européenne », mais la nécessaire désintégration des traités qui eux-mêmes désintègrent les peuples et les nations.
Le Parti ouvrier indépendant a été constitué, il y a sept ans, comme un parti de lutte de classe se fixant d’aider les travailleurs et les peuples à démanteler les traités, défaire les gouvernements de toutes couleurs politiques qui s’y soumettent, et ainsi ouvrir la voie à l’union libre des peuples et des nations libres d’Europe. Il est naturellement aujourd’hui partie prenante de la discussion entre travailleurs et militants sur les moyens d’y parvenir.
Le débat qu’organise Informations ouvrières, ce 6 juin, sera une étape sur cette voie.
(1) Respectivement sortie de l’Union européenne de la Grande-Bretagne et de la Grèce.