
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Un bénéfice historique en augmentation de près de 20 % sur l’année précédente, malgré un recul des ventes de plus de 100 000 véhicules : tel est le résultat que vient d’annoncer Toyota, premier constructeur mondial de l’automobile.
La multinationale s’en explique : « Des efforts de réduction des coûts » ont permis — par la surexploitation, les délocalisations, la baisse des salaires, l’augmentation des rythmes et des cadences — de faire plus de profits avec moins de ventes. Et les résultats de l’an prochain sont déjà annoncés dans le prolongement de ceux-ci…
Voilà qui tord le cou à la fable selon laquelle l’augmentation de la productivité et de la compétitivité d’aujourd’hui fera les emplois de demain.
C’est l’inverse. L’augmentation de la productivité et de la compétitivité fabrique la flambée des profits d’aujourd’hui et la vague de licenciements d’aujourd’hui et demain.
Ce mercredi 13 mai, le gouvernement Hollande-Valls présente à la Commission européenne son « projet européen de la France ». Il s’y engage à réaliser des « réformes structurelles (…) essentielles pour rendre l’économie plus compétitive » et ainsi mener des « actions visant à restaurer les marges ».
Le gouvernement Hollande-Valls, c’est le gouvernement Toyota, le gouvernement des multinationales, de la surexploitation, guidé par un objectif : permettre à la classe capitaliste d’accumuler plus de profits. Pour cela, il taille à la hache dans la dépense publique, de laquelle son pacte de responsabilité veut soustraire 50 milliards d’euros (puis 30 supplémentaires) ; pour cela, il veut imposer la loi Macron, la réforme du collège, etc.
Il n’y a rien d’étonnant à ce que la classe capitaliste exige de dégager toujours plus de profits. Mais pourrait-elle le faire si tous les partis institutionnels, sans exception, et tous les dirigeants à différents niveaux, ne se soumettaient pas — comme à une loi divine et inviolable — aux traités, directives et autres dispositifs de l’Union européenne et de la Banque centrale européenne ? Si tous ne reprenaient à leur compte la fable selon laquelle l’avenir de l’humanité dépend de l’augmentation de la compétitivité et de la productivité, c’est-à-dire de la surexploitation ?
Préserver l’emploi, c’est développer la production, donc la consommation, donc augmenter le pouvoir d’achat et maintenir les emplois dans les services publics. Cela n’est possible qu’à la condition de rompre avec le cours suivi par tous les gouvernements successifs, de toutes couleurs politiques, mais tous soumis au capital financier.
Le camarade qui nous transmet l’information sur Toyota ajoute, dans une lettre d’accompagnement : « Comment se débarrasser de cette politique pour sauver la civilisation de la catastrophe ? Comment en finir avec les institutions politiques qui permettent la dictature des multinationales, à Toyota, des actionnaires, des banques et tous les autres, Union européenne, troïka, Ve République ? » A quoi il répond : « Aujourd’hui comme hier, une seule question est posée : oser rompre. »
Le conseil fédéral national (CFN) du Parti ouvrier indépendant ne dit pas autre chose quand il affirme que « nul ne peut prétendre représenter les intérêts des travailleurs et de la jeunesse et apporter (…) le moindre soutien à ce gouvernement ». D’où le CFN conclut qu’il n’est pas un aspect de la politique de ce gouvernement qui ne doive être combattu. Par conséquent, « ce gouvernement doit être défait et sa politique bloquée », comme doivent être « rompus les liens avec l’Union européenne qui sont des liens de subordination au capital financier ».