Un premier pas

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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

Jamais la préparation d’une journée nationale de grève interprofessionnelle appelée par les organisations syndicales n’avait fait l’objet d’un tel boycott médiatique. Rarement le déroulement d’une journée interprofessionnelle de grève n’avait fait l’objet d’un tel traitement : quelques lignes dans le journal Le Monde, accompagnées de l’inévitable « analyse » de Noblecourt sur le « coup d’épée dans l’eau » ; un article des Echos qui fait état d’une « mobilisation syndicale limitée », suivi, dans le même journal, d’un éditorial qu’on aura du mal à ne pas qualifier de haineux. Estimant que ce sont « les syndicalistes qui parlent le mieux » de la grève, l’éditorialiste fait appel à… Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui n’appelait pas à la grève du 9 avril, et qui affirme qu’il n’y a pas d’austérité en France ! Et l’éditorialiste d’ironiser sur les manifestants du 9 avril, ces « maîtresses d’école assurées de leur emploi mais qui ont cru devoir cesser le travail », ou encore ces « personnels de la tour Eiffel qui ont fermé une partie de la journée le monument le plus visité de France ». Bref, tous des nantis qui manifestent à contre-courant de la réalité et ignorent que « le gouvernement a (décidé de) rouvrir les embauches » ! Et de conclure, l’écume de haine aux lèvres : « Parler d’austérité n’est pas seulement une insulte faite aux Grecs, eux qui n’ont parfois plus de quoi se chauffer ou payer un médecin. Ecrire ce roman du désespoir social, c’est aussi, en France, faire le lit de l’extrémisme. » Vous avez bien lu : les grévistes et les manifestants du 9 avril font le lit du Front national. Et pire encore peut-être…

Haine de classe ! Les médias privés, on le sait, appartiennent à de grands groupes de presse, eux-mêmes contrôlés par les banques, les investisseurs institutionnels, bref les sommets de la classe capitaliste. Les médias publics, eux, sont contrôlés par le gouvernement. Le même gouvernement qui met en œuvre les exigences du capital financier, dont le pacte de responsabilité qui offre 41 milliards d’euros aux patrons (et dont Gattaz exige qu’il aille encore plus loin).

Si tous, avant comme après, mettent un tel acharnement à ignorer ou dénigrer le 9 avril, c’est que cette journée de grève et de manifestation heurte profondément leurs intérêts de classe. Car ce 9 avril, répondant à l’appel des confédérations CGT, Force ouvrière, avec la FSU et Solidaires, la classe ouvrière a montré sa disponibilité à engager l’action de classe (grève, manifestation).

Certes, elle s’est heurtée à des difficultés. Mais c’est un premier pas couronné de succès, un point d’appui pour la suite : la voie qui devra être empruntée pour contraindre le gouvernement à reculer sur chacune de ses attaques et contre-réformes, et au-delà, pour en finir avec le régime de misère et de déchéance imposé par un capitalisme en décomposition qui exige toujours plus d’exploitation et de déréglementation.

C’est pourquoi le bureau national du Parti ouvrier indépendant a consacré ses travaux à tirer les leçons de ce 9 avril et à en dégager les perspectives politiques. Perspectives qu’il soumet, en particulier, à la discussion ouverte à l’initiative de la rédaction d’Informations ouvrières dans la préparation de l’assemblée-débat nationale du 6 juin prochain.

 

Catégories: EDITORIAL

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