Veille de grève

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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

Veille de grève interprofessionnelle. La presse multiplie les articles sur « le retour de la croissance », mais précise : c’est une « croissance sans emploi ». La presse cite une note de l’Insee. En fait de croissance, ce sont des facteurs externes qui entrent en jeu (1).

Les capitalistes n’investissent pas. Ils le feraient s’ils pensaient pouvoir vendre et réaliser leur profit. Ce n’est pas le cas. La consommation est au plus bas. Les capitalistes embauchent encore moins. Leurs « investissements », ils les dirigent vers la force de travail flexible, précaire, à des prix diminués grâce à l’intérim ou aux exonérations fiscales et sociales.

L’Insee prétend que le pacte de responsabilité et le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) ralentiraient les destructions d’emplois. Il n’y aurait « que » 13 000 suppressions d’emplois supplémentaires prévues au premier semestre 2015. Mais l’an dernier, l’Insee annonçait que les mêmes mesures créeraient 60 000 emplois. En réalité, l’Insee prévoit une nouvelle augmentation du chômage.

Du côté des patrons, les marges de profit retrouvent leur niveau le plus élevé depuis cinq ans. C’est l’Insee qui le dit aussi. Et si ces marges ne vont pas à l’investissement, où vont-elles ? Elles vont vers les actionnaires, le financement des plans de licenciements et la spéculation ?

La croissance sans emploi, ce n’est pas le premier pas vers la croissance avec emplois, c’est l’augmentation des profits par le développement de la précarité, de la misère et la poursuite des plans de licenciements.

Spirale sans fin : l’OCDE, dans une note du 2 avril, martèle, s’agissant de la France : il faut « assouplir le marché du travail et réduire drastiquement les dépenses publiques ».

Cela tombe bien : ce 7 avril commence au Sénat le débat en deuxième lecture sur la loi Macron. Nous avons montré dans ces colonnes (2) qu’un harmonieux dialogue entre la gauche et la droite l’a préparé dans une commission spéciale. Cela, pour faire de cette loi Macron — pour reprendre les propos d’une sénatrice PS — « une chance » pour les entreprises.

Et avant l’été, le gouvernement Hollande-Valls, tout entier dévoué au capital financier, entend présenter au Parlement bien d’autres projets anti-ouvriers qui transcrivent servilement les exigences de l’Union européenne dans la loi française : loi sur la réforme du dialogue social remettant en cause les prérogatives des organisations syndicales ; loi Macron 2 contre le Code du travail ; loi de régionalisation-dislocation du système de santé ; loi NOTRe de remise en cause des communes et des départements ; ainsi qu’une loi sur le renseignement portant atteinte aux libertés individuelles…

Veille de grève. A Toulouse, le président du Medef, Pierre Gattaz, est venu plaider avec force pour l’instauration rapide du pacte de responsabilité, exigeant en particulier du gouvernement qu’il ait « le courage de réduire les dépenses publiques » afin… de financer les capitalistes.

Vaste consensus autour de la défense des intérêts bien compris des patrons et des spéculateurs, licencieurs et affameurs du peuple travailleur.

Vaste consensus… Mais le 9 avril, par centaines de milliers, dans la grève et la manifestation interprofessionnelles à l’appel des confédérations syndicales, les travailleurs diront clairement : « Retrait du pacte de responsabilité ! Retrait de la loi Macron ! » C’est de lutte de classe qu’il s’agit.

(1) La baisse du prix des hydrocarbures, la baisse de l’euro, etc.
(2) Voir Informations ouvrières, n° 345.

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Catégories: EDITORIAL

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