La résolution du bureau national du 14 mars 2015

POI BN

Le bureau national du Parti ouvrier indépendant s’est réuni ce 14 mars à un moment très particulier de la situation politique, internationale, européenne et française : deux mois après les attentats qui ont frappé Paris ; deux mois après la tentative d’imposer une union sacrée internationale et nationale au motif de ces attentats ; à quelques jours d’élections départementales qui seront marquées par un rejet sans précédent du Parti socialiste qui gouverne le pays, de ses alliés, comme de tous les partis institutionnels, y compris la droite.

La dernière tentative d’« union sacrée » lancée en janvier a échoué. Le 9 avril aura lieu la grève interprofessionnelle appelée dans l’unité par les confédérations CGT et Force ouvrière (rejointes par Solidaires et la FSU) contre le pacte de responsabilité et la loi Macron. Deux mesures par lesquelles ce gouvernement veut imposer la dictature du capital financier, de l’Union européenne, contre les travailleurs, contre la jeunesse ; deux mesures dont découlent, dans tous les domaines, les contre-réformes et les attaques contre les droits ouvriers, le pouvoir d’achat, l’emploi. Dans tout le pays, les militants du Parti ouvrier indépendant, dans le respect des prérogatives des organisations syndicales, participent activement à la mobilisation en cours pour assurer le succès de cette journée interprofessionnelle de grève et de manifestations contre la politique du gouvernement pour la bloquer.

Dans ce contexte, le 9 avril mettra, face à face, les centaines de milliers de travailleurs en grève et en manifestation, répondant à l’appel de leurs organisations et exprimant la volonté de l’immense majorité de la population, et un pouvoir « sonné » par la débâcle des départementales, isolé comme jamais, mais qui, à l’avance, annonce « urbi et orbi » qu’il ne changera pas de politique. La question qui traverse toute la société, depuis des mois et des mois, va se poser avec une force nouvelle : « Comment dénouer cette situation ? ». Elle va progressivement s’imposer comme la question centrale qui met à l’ordre du jour la construction des outils qui permettront de la résoudre positivement.

Notre parti, qui n’a jamais conçu autrement son rôle, entend s’inscrire dans l’élaboration qui s’engage au sein de la classe ouvrière, parmi ses cadres et ses militants engagés en première ligne, de la réponse pratique et politique à cette question.

C’est ainsi que nous voulons préparer le Ve Congrès du parti que nous construisons et qui se fixe de contribuer à construire une authentique représentation politique de la classe ouvrière, en plongeant sans réserve dans le débat qui s’ouvre sous la pression des événements. Pour le POI, il s’agit d’aider la classe ouvrière, rassemblant autour d’elle tous les opprimés, les exploités, tous ceux qui subissent les coups du gouvernement, à réaliser les conditions de son action unie qui, en faisant reculer le gouvernement, ouvrira la voie à la rupture avec la dictature de l’Union européenne et à la remise en cause de tous les diktats du capital financier. Au-delà même de la classe ouvrière, les élus se posent cette question, menacés dans l’existence des communes, des départements et de la démocratie politique. Et aussi les jeunes, soumis à toujours plus de précarité.

Chacun et tous se posent ces questions au moment où l’indice CAC 40 a battu tous les records en 2014, au moment où la Banque centrale européenne déverse 1 140 milliards d’euros dont elle reconnaît elle-même qu’ils ne servent qu’à alimenter la spéculation. Au moment où le gouvernement décide d’augmenter encore le budget de guerre pour multiplier les interventions militaires dans le monde entier sous l’égide de l’administration américaine, renforçant l’inquiétude grandissante des travailleurs et des jeunes devant cette marche à la guerre généralisée. A ces questions soulevées par l’angoisse de toute la population face à l’avenir de décomposition que lui promettent ce gouvernement et ses institutions en ruine, il n’y a pas de réponse toute faite. Cette réponse s’élaborera dans le débat qui va se mener sur la base de l’expérience faite par la classe ouvrière engagée dans son action de classe. Le Parti ouvrier indépendant, avec ses propres réflexions, entend y contribuer, à sa place, et sans prétendre le confisquer de quelque manière que ce soit.

Le dernier congrès du POI (juin 2013) a adopté une adresse qui définit notre méthode. On pouvait y lire : « Le congrès ouvert du Parti ouvrier indépendant, procédant à une élaboration commune avec les invités, a décidé de s’adresser aux travailleurs et aux jeunes qui refusent la catastrophe dans laquelle le gouvernement soumis à la troïka veut les entraîner, à la suite des peuples grec, espagnol, et portugais… Le Parti ouvrier indépendant ne se considère pas comme détenteur d’une vérité révélée. Il entend aider au regroupement des forces de tous ceux qui veulent résister aux diktats de la troïka, aider à ouvrir une issue conforme aux besoins du peuple travailleur. Face à la catastrophe qui menace, le IVe Congrès du Parti ouvrier indépendant réaffirme que le combat doit se mener pour la rupture avec l’Union européenne, pour l’union libre des peuples et des nations libres de toute l’Europe, pour en finir avec les institutions antidémocratiques de la Ve République et de l’Union européenne, pour une Assemblée constituante souveraine à même de définir ce que doit être la démocratie et de mettre en place un gouvernement de rupture au service de la classe ouvrière ».

Dans notre bureau national, nous avons estimé qu’il nous fallait prendre en compte cette situation nouvelle, ce véritable tournant dans la situation. Et en conséquence, nous estimons que le débat qui ne fait que commencer entre travailleurs et militants de toutes tendances doit pouvoir se déployer largement. Le bureau national enregistre la proposition faite par Lucien Gauthier, rédacteur en chef d’IO, de lancer, sous l’égide du journal, une invitation à la tenue d’une assemblée-débat nationale début juin, dans l’objectif de rassembler largement des militants d’origines diverses, avec leur expérience propre, sur le thème : « Après le 9 avril, comment agir en commun pour dénouer la situation ? ».

C’est sur la base de l’ensemble de ces considérants que le bureau national fait la proposition de repousser le Ve Congrès du Parti ouvrier indépendant — prévu les 8, 9 et 10 mai 2015 — aux 21 et 22 novembre, et de convoquer le conseil fédéral national (CFN) du Parti ouvrier indépendant les 8 et 9 mai 2015.

Le bureau national

Paris, le 14 mars 2015, 15 heures

Votée à l’unanimité moins 2 abstentions

Mots-clés :

Catégories: 5e Congrès, POI national

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