Et trente milliards de plus !

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par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI ♦

L’accord signé la semaine passée entre l’Eurogroupe et le gouvernement Tsipras suscite en Grèce de nombreuses discussions parmi les travailleurs et les militants (lire ici).

En France, les travailleurs n’ignorent pas la responsabilité du gouvernement Hollande-Valls et des autres gouvernements qui, en application des traités antidémocratiques fondant l’Union européenne, prétendent imposer au peuple grec les diktats des banquiers et spéculateurs, ceux-là mêmes qui ont conduit ce pays à la ruine.

C’est pourquoi, depuis Paris, il nous revient d’exiger que les conditions imposées par Bruxelles — les mémorandums de la troïka, ancienne ou nouvelle formule — soient définitivement abandonnées.

C’est le moment que choisit le porte-parole du Parti communiste français, Olivier Dartigolles, pour déclarer, dans un communiqué de son parti, que l’accord signé a été une « victoire politique du gouvernement Syriza (…) une victoire des souverainetés populaires et de la démocratie » qui doit « faire réfléchir François Hollande sur le rôle que la France peut jouer pour la réorientation de l’Europe » !

On croit rêver : faire réfléchir François Hollande ? La réorientation de l’Europe ?

Quarante-huit heures après la signature de l’accord imposé à la Grèce, la Commission européenne faisait connaître que, s’agissant de la France, « le plan de 50 milliards d’euros d’économies d’ici à 2017 déjà annoncé ne sera pas suffisant ». Le journal Les Echos évalue à 30 milliards d’euros supplémentaires le montant des mesures exigées par Bruxelles. Trente milliards qui s’ajoutent aux 50 milliards d’euros du pacte de responsabilité, lequel dresse déjà contre lui, et ses conséquences dévastatrices, l’indignation des travailleurs et des jeunes.

Ainsi va la politique de l’Union européenne qui exige toujours plus au nom des banquiers et des spéculateurs. Et il faudrait « convaincre » Hollande, lui qui, en Grèce comme en France, impose les conditions meurtrières de la classe capitaliste ?

Le convaincre de quoi ? N’en déplaise à Dartigolles, « une victoire des souverainetés populaires et de la démocratie », cela ne passera pas par une supplique à Hollande, mais par le démantèlement des institutions de l’Union européenne et la dénonciation de ses traités. Nous sommes à quelques semaines du dixième anniversaire du référendum de 2005 par lequel une majorité du peuple français a rejeté le traité constitutionnel européen (TCE). Ce fut une victoire, mais de courte durée. Quelques années après, dans un parfait consensus entre droite et gauche, fut en effet adopté et ratifié le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), version aggravée du TCE.

Comment aujourd’hui bloquer la politique du gouvernement Hollande-Valls, porter un coup d’arrêt à la spirale destructrice que depuis des décennies les gouvernements successifs imposent au peuple, au mépris de la souveraineté et de la démocratie ?

C’est toute la question de l’action de millions et de millions se mobilisant avec leurs organisations dans la lutte de classe unie, dans la grève générale contre le gouvernement et sa politique qui est posée.

La mobilisation de la classe ouvrière, se saisissant de l’appel à la grève interprofessionnelle du 9 avril lancé par les confédérations CGT, CGT-FO ainsi que Solidaires, est un point de départ.

Catégories: EDITORIAL

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