
Au lendemain de l’annonce du recours au 49-3, la presse est unanime à considérer que ce « coup de force » est un « camouflet » pour un gouvernement et un président de la République aux abois. « Hier, 16 h 25, la majorité explose », titre Le Parisien/Aujourd’hui. Car le Premier ministre vient de s’apercevoir qu’il « est privé de majorité pour réformer » (L’Opinion) et que le projet de loi Macron risque d’être repoussé ou d’être adopté avec des « des voix de droite ».
Pourtant, tout avait été mis en œuvre pour convaincre les « frondeurs » du PS de rentrer dans le rang. Libération raconte que « les ténors du PS » leur ont martelé que la France était « en guerre » et que « ne pas voter ce texte, c’est affaiblir le pays ». « L’exécutif comptait sur l’union nationale pour éviter le clash », rapporte le quotidien. Mais cela a été insuffisant pour convaincre les députés socialistes récalcitrants que la loi Macron n’était pas « une mauvaise loi » qui « remettait en cause notre modèle social et républicain » comme le déclarait le courant du PS « Maintenant la Gauche ». Il ne restait plus à Manuel Valls qu’à utiliser « l’arme fatale, cet article 49-3 qui est la béquille des gouvernements minoritaires » (Laurent Joffrin), tout en sachant que cette démarche allait provoquer « un moment de crise aiguë entre l’exécutif et sa majorité » (Les Echos).
« Le 49-3 a permis de sauver un texte en charpie, mais il s’agit d’une victoire à la Pyrrhus », s’alarment Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Mais, au-delà de « la question de la survie du premier ministre » (Le Journal de Haute-Marne), plusieurs journaux font le constat qu’« aujourd’hui, aucune force politique ne peut gouverner seule » (Ouest France), et qu’il « faudra sans doute inventer d’autres majorités ». Reste à savoir lesquelles !