
Le gouvernement israélien, le 13 février, vient de relâcher une écolière de 14 ans détenue depuis six semaines dans ses prisons. Libérée, elle a rejoint son village et ses proches en Cisjordanie occupée. Selon, les militaires qui l’ont arrêtée, elle menaçait de lancer des pierres et portait un couteau pour poignarder tout soldat qui chercherait à l’interpeller. Jugée par un tribunal militaire, la seule cour compétente dans les territoires occupés, elle avait été condamnée à deux mois de prison et 1 500 dollars d’amende
La jeune fille, la plus jeune prisonnière palestinienne des prisons israéliennes, était devenue le symbole de la lutte des organisations de défense des droits de l’homme et des Palestiniens contre les conditions indignes des arrestations, des interrogatoires et des sentences à l’encontre d’enfants et de jeunes Palestiniens.
En effet, la loi israélienne autorise la comparution devant les tribunaux militaires à partir de 12 ans. Selon un rapport de l’UNICEF (2013), chaque année environ 6 à 700 jeunes Palestiniens sont poursuivis dans le système de détention militaire israélien. Il y a en permanence 200 enfants par an détenus par l’armée israélienne. Les arrestations ont lieu la nuit par des soldats lourdement armés et sont souvent accompagnées de mauvais traitements qui se poursuivent pendant leur transfert et leurs interrogatoires : violences verbales et physiques, privation de sommeil, d’eau, de nourriture, d’accès aux toilettes et aux soins médicaux. Dans 90% des cas l’enfant n’a accès ni à un avocat ni à un membre de sa famille.
Les débats ont lieu en hébreu sans traducteur de même que les papiers à signer sont en hébreu, langue que les jeunes ne comprennent pas. Dans l’espoir d’éviter des peines très lourdes, 90% des enfants plaident coupable : le taux de condamnation atteint 99% et peut aller de 6 mois de prison à 20 ans.
Face aux plaintes déposées par les familles et les associations de défense des droits de l’homme israéliennes et palestiniennes, les militaires et les policiers bénéficient d’une impunité totale.