
Depuis lundi, un mouvement de grève générale paralyse les Comores pour exiger la fin des délestages de plus en plus importants d’eau et d’électricité. Ces délestages sont la conséquence d’un conflit opposant la Compagnie d’eau et d’électricité de Grande Comore à la Société nationale des hydrocarbures qui refuse de lui livrer du carburant tant qu’elle n’aura pas honoré au moins une partie d’une dette estimée à plusieurs centaines de milliers d’euros. C’est le mouvement «madji na mwéndjé» (eau et électricité), regroupant des syndicats et des associations de consommateurs, qui est à l’origine de la grève. Il avait déjà organisé une journée de protestation le 30 octobre dernier. Il avait été alors officiellement dissout mais, la situation ayant empiré, il vient de se reformer. La grève, prévue pour durer trois jours, est massivement suivie. Des incidents ont éclaté après l’annonce de l’arrestation du président de la Fédération comorienne des consommateurs et ancien président de l’Assemblée nationale. Dans une ville proche de la capitale Moroni, les forces de l’ordre ont tiré sur les manifestants, faisant sept blessés dont deux «avec un pronostic vital engagé ». D’autre part, les personnels de l’université des Comores (UDC), qui n’ont pas été payés depuis trois mois, ont entamé une grève illimitée depuis lundi. Ils ont affirmé qu’aucune reprise des cours ne pourrait avoir lieu sans le versement de la totalité de ce qu’il leur était dû.