Annulation !

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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

La dette grecque ? Il faut la « renégocier », a déclaré Obama, précisant que l’objectif est que, sa « croissance » retrouvée, la Grèce puisse… « rembourser ses dettes » ! La dette grecque ? Il faut « en discuter » pour « en alléger le fardeau », déclare le ministre Sapin. Mais l’annuler ? Pas question : « Ce serait en transférer le poids du contribuable grec vers le contribuable français. »

Tous les grands de ce monde s’orientent désormais sur une renégociation avec la Grèce. Ils veulent éviter que s’étende à tout le continent la révolte qui grandit, et tenter de sauver une Union européenne au bord de l’implosion.

Tous s’accordent sur les trois points suivants : d’une manière ou d’une autre, en tout ou en partie, rééchelonnée ou non, la dette devra être remboursée ; un accord devra être passé avec la BCE, le FMI et la Commission européenne ; les « réformes » (anti-ouvrières et antidémocratiques) devront se poursuivre.

En France, les dirigeants du Front de gauche tiennent le même langage et proposent, jour après jour, dans les colonnes de L’Humanité, une « autre manière » de sauver l’euro et la BCE, sans jamais remettre en cause le principe du remboursement.

Rappelons les faits.

Qui contrôle la dette grecque ? Pour 30 %, des banques privées qui en tirent de juteux intérêts. Pour 70 %, les Etats-Unis, le Japon, le FMI et les principaux pays européens (directement ou par le biais du Fonds européen de stabilité financière alimenté par leurs budgets et géré par la BCE).

Pourquoi les pays européens ont-ils racheté la dette grecque en 2012 ? Parce que la troïka l’a exigé, afin de rassurer les spéculateurs qui possédaient cette dette, et d’imposer en échange les mesures de privatisation et d’austérité qui ont étranglé le peuple grec.

Comment les pays européens ont-ils financé ce rachat ? Très largement en empruntant eux-mêmes… aux banques. Par exemple, le gouvernement français a emprunté en faisant valoir sa solvabilité pour rembourser les banquiers inquiets de l’insolvabilité de la Grèce ! Cette opération a gonflé encore un peu plus la dette des Etats, utilisée comme « argument » pour imposer austérité et contre-réformes. En France : le pacte de responsabilité et la loi Macron. Dans tous les cas, ce sont les banquiers et les spéculateurs qui gagnent. Dans tous les cas, ce sont les travailleurs et les peuples qui paient.

La dette en France s’est constituée par un mécanisme comparable à la dette grecque. Elle a permis et permet de servir, sur fonds publics, de juteux intérêts aux marchés ainsi engraissés par les gouvernements successifs. Elle est tout aussi illégitime que la dette grecque.

Reconnaître cette dette publique, c’est maintenir le lien de subordination aux banquiers, aux spéculateurs, au capital financier, qui étranglent l’économie mondiale, nourrissent la misère et la déchéance, et entraînent l’humanité vers la barbarie. C’est se soumettre à une politique qui exige la poursuite des contre-réformes.

Le mouvement légitime de résistance de la classe ouvrière contre les diktats de l’Union européenne appelle au plan politique une position nette : l’annulation pure et simple de la dette « due » aux banquiers et aux spéculateurs, celle de la Grèce, de la France et de tous les pays d’Europe.

Elle appelle la rupture des liens de subordination avec la BCE et le FMI, et le démantèlement des institutions de l’Union européenne. Toute autre politique ne ferait qu’accompagner la marche à l’abîme.

Mots-clés :

Catégories: EDITORIAL

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