
COMMUNIQUÉ N° 2 DE DISCUSSION
“La seule question posée n’est-elle pas : rassembler les forces pour faire céder ce gouvernement, le bloquer, maintenant, tout de suite ?”
Dans la préparation du congrès ouvert du Parti ouvrier indépendant, le bureau national a décidé de publier des communiqués de discussion et de préparation du congrès à destination des adhérents, des sympathisants, des lecteurs d’Informations ouvrières.
Le bureau national réuni le 6 décembre a adopté ce deuxième communiqué.
Ce gouvernement donne chaque jour l’impression d’être balloté par les événements. C’est ainsi que pour le ministre Macron, le pacte de responsabilité — clé de voûte de la politique du gouvernement depuis des mois — constitue un échec dont les patrons du Medef seraient responsables. Le même Macron s’apprête à rendre public un nouveau train de mesures de déréglementation anti-ouvrières. Les zigzags politiques du gouvernement Hollande-Valls sont le reflet de l’impasse d’un système capitaliste en crise, incapable d’apporter la moindre réponse, autrement que par les destructions, aux problèmes qui assaillent la société.
Ce gouvernement louvoie… mais il tape de plus en plus fort !
Les plans de licenciements s’accumulent. Partout les services publics sont taillés en pièces. La misère, le chômage, la pauvreté s’étendent de jour en jour, les plans de privatisation se multiplient. Partout, les travailleurs et la population engagent des combats légitimes contre la liquidation de tel service public, contre telle attaque contre l’emploi. Chacun de ces combats particuliers se confronte aux conséquences d’une politique qui est centralisée au sommet de l’exécutif et s’incarne dans le pacte de responsabilité, traduction de la politique dictée par l’Union européenne.
Ce gouvernement a perdu tout appui dans la population, mais il bénéficie de soutiens divers. Une démonstration vient d’en être donnée à l’occasion du congrès de l’Association des maires de France (AMF) lorsque le nouveau président de l’AMF, l’UMP Baroin, a exprimé son soutien à la réforme territoriale du gouvernement. De leur côté, les dirigeants du Front de gauche, tout en critiquant la réforme territoriale, ont initié une lettre, signée par 24 maires de l’Ile-de-France, au Premier ministre pour lui demander d’être associés à la mise en place de la métropole du Grand Paris.
Dans les assemblées-débats que le Parti ouvrier indépendant organise dans le cadre de la préparation de son congrès, les travailleurs et les militants de toutes tendances font part de leur incrédulité devant les « solutions » avancées par les uns et les autres. Ces travailleurs et militants disent : les « frondeurs » du Parti socialiste, les dirigeants du Parti communiste français devraient se rendre à l’évidence, à savoir que quels que soient les débats, les abstentions ou les déclarations plus ou moins « radicales », ils n’infléchissent en rien la politique du gouvernement.
Comme si les dirigeants du Parti socialiste ne déclaraient pas ouvertement : « Aucun gouvernement de la Ve République n’a fait autant pour la compétitivité des entreprises, 50 milliards de baisse de cotisations ! » Comme si une vague sans précédent de licenciements n’était pas en cours et comme si la réforme du « marché du travail » préparée par Hollande et Macron n’avait pas pour objectif de faciliter la tâche aux capitalistes ! Comme si la réforme territoriale n’était pas reliée au pacte de responsabilité et à l’ensemble des politiques anti-ouvrières !
Comme s’il suffisait de demander au Premier ministre et au président de la République d’infléchir la politique du gouvernement !
En réalité, la seule question posée n’est-elle pas : rassembler les forces pour faire céder ce gouvernement, le bloquer, maintenant, tout de suite ? On n’infléchira pas sa politique. On le fera reculer par le rapport de force, par la mobilisation de millions et de millions sur le terrain de la lutte de classe unie avec les organisations pour contraindre à ce recul.
De toutes parts, on a entendu depuis des semaines et des mois que les travailleurs se détourneraient des syndicats. Force est de constater que dans les élections professionnelles, ils ont clairement indiqué leur volonté de saisir leurs organisations syndicales pour combattre la politique du gouvernement.
Voilà ce qui aujourd’hui est une nécessité. C’est dans ce cadre que le Parti ouvrier indépendant inscrit la préparation de son congrès ouvert dans la discussion avec des militants de toutes tendances. C’est dans ce cadre, au moment où la crise de régime ne fait que s’approfondir, qu’il réaffirme son soutien à la conférence pour l’unité et la résistance du 17 janvier 2015.
Nous sommes, nous, Parti ouvrier indépendant, partisans de la rupture avec la Ve République et l’Union européenne. Parce ce que nous comprenons la signification de cet objectif, nous comprenons qu’il est indissociable de la mobilisation de millions et de millions qui, sur le terrain de la lutte de classe, bloqueront le gouvernement. C’est là l’échéance immédiate. C’est là que se concentre le débat. C’est sur ce point que nous entendons poursuivre dans les assemblées ouvertes du Parti ouvrier indépendant, dans le débat avec les travailleurs et les militants de toutes tendances, la préparation de notre Ve Congrès, congrès ouvert.
Le bureau national du POI
Paris, le 6 décembre 2014
adopté à l’unanimité