
Daniel Gluckstein, secrétaire national du POI a conclu la manifestation de Paris vers 17 heures place des Invalides, par un discours s’adressant à tous les militants présents : « Nous avons manifesté ce jour sans être signataire de l’appel à cette manifestation car pour notre part nous considérons qu’ouvrir une alternative à la politique de ce gouvernement ne passe pas par des discussions d’appareils mais par l’aide pratique que nous pouvons apporter à la classe ouvrière, notre classe, pour qu’elle réalise les conditions de son action de classe, les conditions de sa mobilisation, les conditions de ses grèves, les conditions de sa grève générale dans l’unité demain avec les organisations, qui seule sera à même de bloquer la politique de ce gouvernement, capitaliste, réactionnaire et anti-ouvrier ». (…)
« Nous sommes ici pour poursuivre la discussion fraternelle (…), nous sommes ici comme nous sommes dans les bureaux, les ateliers pour chercher ensemble la voie de l’unité pour le retrait du pacte de responsabilité ». (…)
« Cette manifestation est un moment de ce dialogue, de cette recherche de l’unité qui ne pourra se réaliser que sur le terrain de la lutte des classes. » (…)
« Nous y participons comme nous participons, dans le respect des prérogatives des organisations syndicales, à toutes les initiatives qu’elles prennent pour aider au rassemblement des forces contre la politique du gouvernement. Nous y participons comme nous apportons notre soutien aux initiateurs de la conférence pour l’unité et la résistance qui, le 17 janvier prochain, propose de rassembler par centaines des militants de toute tendance pour aider au combat contre ce gouvernement. Nous sommes ici, comme dans toutes les actions du POI, comme dans les assemblées ouvertes dans lesquelles nous voulons préparer le Ve congrès du Parti ouvrier indépendant. » (…)
“Un sentiment majoritaire s’affirme dans tout le pays : rejet de Hollande, de sa politique, de son gouvernement.”
« Communiqué n°1 de discussion » du Bureau national du POI
A six mois du congrès ouvert du Parti ouvrier indépendant, le bureau national décide de publier ce premier communiqué de discussion et de préparation du congrès à destination des adhérents, des sympathisants, des lecteurs d’Informations ouvrières. Tous les quinze jours sera publié un communiqué de préparation, poursuivant ce dialogue.
Un sentiment majoritaire s’affirme dans tout le pays : rejet de Hollande, de sa politique, de son gouvernement. Pourtant, le 6 novembre au soir, Hollande a dit, avec une brutalité sans égale, que l’effondrement de la cote de popularité comme les protestations venant de son propre camp ne le feraient pas dévier d’un pouce.
Il a dit qu’il appliquerait jusqu’au bout — comme il s’y est engagé devant Bruxelles — la politique contenue dans le « pacte de responsabilité », quelles qu’en soient les conséquences politiques pour lui et son équipe. La veille, Valls, faisant mine d’ignorer le départ des confédérations CGT et FO de sa conférence sociale de juillet, avait dénoncé comme illégitimes les revendications syndicales qui « ne peuvent fournir un prétexte à l’inaction sur le pacte de responsabilité ».
A cela, les travailleurs sont en droit de répondre : nos revendications sont légitimes, c’est le gouvernement et son pacte de responsabilité — 50 milliards d’euros de coupes budgétaires et 41 milliards de cadeaux aux patrons — qui ne le sont pas. Il ne sert à rien d’imaginer qu’on puisse ramener Hollande à la raison, infléchir sa politique… Une seule conclusion doit être tirée : seule la classe ouvrière avec ses organisations est capable de bloquer cette politique et d’imposer l’abandon de ces plans meurtriers. Aider à réaliser les conditions de ce mouvement d’ensemble est une urgence absolue.
Ce sentiment grandit dans la classe ouvrière de ce pays, et s’exprime avec de plus en plus de force dans ses grandes confédérations, au sein des différents partis qui se réclament des valeurs de la classe ouvrière et de la démocratie. Le bureau national du POI invite ses adhérents à aider par tous les moyens cette aspiration à l’emporter. Le bureau national du POI confirme le soutien qu’il apporte à la conférence du 17 janvier initiée par un appel de 195 militants et élus de différentes opinions politiques et de différentes appartenances syndicales.
Le bureau national du POI, informé de l’appel à manifester le 15 novembre lancé par le collectif « Alternative à l’austérité » (3A), décide, dans cette situation, d’appeler ses adhérents à participer massivement à cette manifestation. Il le fait sans restriction, mais aussi sans cacher ses désaccords avec les termes de l’appel de ce collectif.
Le POI, en effet, ne « regrette » pas, comme le fait l’appel, que cette « politique (ait été) imposée sans débats » car il ne revendique pas de débattre de sa politique avec un gouvernement engagé dans cette voie. Le POI ne pense pas que « d’autres choix sont pourtant possibles » sans exiger clairement le retrait du pacte de responsabilité par lequel le gouvernement veut associer les syndicats à sa politique soumise au capital financier.
Pour le POI, « rassembler et construire une alternative à la politique actuelle » ne peut être la condition préalable à « la mobilisation des salariés (et) pour l’intervention citoyenne ». C’est même l’inverse : c’est le rassemblement de la classe ouvrière avec ses organisations exigeant le retrait du pacte de responsabilité, et entraînant toutes les couches de la population victimes de cette politique, qui peut ouvrir une « alternative à la politique actuelle ». Laquelle ne peut consister ni en replâtrage des institutions, ni en « alternance » de la droite ou de l’extrême droite, ni en union nationale gauche-droite : car alors continueraient à s’appliquer les plans de l’Union européenne et de la classe capitaliste. Une véritable « alternative » de rupture avec l’Union européenne et la Ve République implique de poser la question de l’élection d’une Assemblée constituante, non comme une combinaison politicienne, mais comme le produit de l’action de classe de millions de travailleurs engagés dans le combat pour récupérer leurs droits et reconquérir la démocratie.
Le POI est partisan de l’unité la plus large pour contraindre ce gouvernement à céder et à annuler ses plans et contre-réformes. Pour le POI, cette réalisation de l’unité exige qu’en toute clarté les divergences soient fraternellement discutées entre courants du mouvement ouvrier. Discussion légitime qui ne peut s’opposer à l’urgence du rassemblement de tous ceux qui veulent combattre ce gouvernement.
Le POI, pour toutes ces raisons, appelle ses adhérents à manifester en masse le 15 novembre pour exiger le retrait du pacte de responsabilité, sous ses propres drapeaux et sur les mots d’ordre qui sont les nôtres : retrait du pacte de responsabilité ; unité de la classe ouvrière et de ses organisations contre le gouvernement Hollande-Valls et sa politique ; rupture avec l’Union européenne.
C’est dans cet esprit que le POI prépare son Ve Congrès ouvert et débat avec les militants de toutes tendances pour aider à dégager les voies de la mobilisation et de l’issue politique pour répondre à l’aspiration de l’immense majorité : en finir avec la politique du gouvernement Hollande-Valls et ceux qui prétendent l’imposer contre le peuple !
Adopté à l’unanimité
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