
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Manœuvres… L’Union européenne exige de la France 8 milliards d’euros de coupes supplémentaires dans son budget, en application du traité TSCG. Au même moment, le Fonds monétaire international (FMI) dénonce l’insuffisance des réformes anti-ouvrières et exige du gouvernement français qu’il aille plus loin.
Car c’est un fait : les contre-réformes du gouvernement Hollande-Valls se heurtent à une résistance qui s’exprime à tous les niveaux, notamment au sein des organisations ouvrières (rappelons le départ de la CGT et de la CGT-FO de la conférence sociale en juillet).
Dans ce contexte où tout est possible, FMI et Union européenne croient-ils vraiment le gouvernement Valls en situation d’aller plus loin ? On peut imaginer un autre scénario : il s’agirait de permettre à Valls de se poser en « résistant » au FMI et à l’Union européenne, pour prétendre ensuite que le pays s’en sort à bon compte… puisqu’il n’y aurait, en 2015, « que » 21 milliards d’euros de coupes (et « que » 50 milliards d’ici à 2017).
Misérable mise en scène… 21 milliards de coupes, c’est, de quelque manière qu’on le tourne, l’équivalent d’au moins 2 000 à 3 000 euros prélevés sur le budget d’une famille ouvrière de trois enfants. Et c’est l’attaque brutale visant au démantèlement de la Sécurité sociale et des services publics, c’est l’éclatement de la République par la réforme territoriale, la remise en cause du Code du travail et de l’assurance chômage…
Dans toute l’Europe, les plans d’austérité sont « justifiés » par l’absence de croissance, voire la récession. Laquelle, nous dit-on, est la conséquence de la crise de 2007-2008, lorsque l’éclatement de la bulle spéculative mit en faillite nombre de banquiers et spéculateurs, entraînant l’économie mondiale dans un abîme sans précédent.
Six ans plus tard… La valorisation boursière mondiale vient de battre son niveau historique, passant de 25 000 milliards de dollars en mars 2009 à 66 000 milliards le mois dernier ! Et le magazine capitaliste Forbes évalue à 700 000 milliards de dollars - dix fois le total annuel des richesses produites à l’échelle de la planète ! - le montant des produits dérivés, ces « montagnes de créances risquées [qui] pourraient risquer de s’écrouler comme des châteaux de cartes à la moindre alerte sur les marchés ».
Voilà pourquoi FMI, Union européenne, et gouvernements à leur service exigent toujours plus de « réformes structurelles » et de « baisse du coût du travail » ! Voilà pourquoi ils voudraient briser les reins de la classe ouvrière et de ses organisations ! Tout cela dans le seul but d’alimenter cette folie spéculative issue de la décomposition du régime à l’agonie de la propriété privée des moyens de production.
D’un point de vue ouvrier, pas un centime de coupe prévu dans le pacte de responsabilité n’a la moindre justification. Pour se sauver de l’asphyxie, de l’atomisation et de la destruction, auxquelles des gouvernements sans scrupule, au seul service des capitalistes, prétendent les condamner, les travailleurs et leurs organisations n’ont d’autre voie que la résistance.
Le gouvernement Hollande-Valls est un gouvernement de combat, un gouvernement de guerre contre la classe ouvrière.
Opposer un « non » sans compromis ni accommodement à ce gouvernement, à son pacte et à ses contre-réformes : là est le point de départ de l’indépendance politique du mouvement ouvrier et donc de la résistance qui, faisant reculer le gouvernement, ouvrira la voie à l’indispensable rupture avec le carcan du FMI, de l’Union européenne, de la Ve République, et de toutes les institutions de la classe capitaliste.