Trait d’union ?

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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

La semaine dernière, il faisait un discours à la gloire du « low cost ». Cette semaine, devant un parterre de spéculateurs de la City de Londres, il s’écrie : « My government is pro-business ! » Ce n’est pas ce qu’on appelle un scoop. A Washington, les maîtres de Manuel Valls ont confiance dans sa volonté de mettre en oeuvre une politique (économique, financière, sociale et militaire) qui réponde aux seules exigences du « business », c’est-à-dire des capitalistes et des banquiers.

Le projet de budget confirme ce que « pacte de responsabilité » veut dire : saccager pour 50 milliards d’euros de services publics, d’emplois, de salaires, de conquêtes sociales dans tous les domaines…

Et cela, au nom du respect des traités européens (1).

Du point de vue de la classe ouvrière, cette politique n’appelle qu’une réponse : l’unité des travailleurs et de leurs organisations pour balayer ce pacte et ce budget. D’ailleurs, toutes les luttes de classe en cours — on l’a vu avec la grève des pilotes —, en défendant les garanties collectives, les statuts, les postes, les salaires, ne se dressentelles pas contre le pacte de responsabilité ?

Du point de vue du gouvernement, rejeté, isolé, pas question de renoncer : il lui faut tenter de faire jouer le principe de subsidiarité cher à l’Union européenne. S’agissant des organisations syndicales, il n’a certes pas obtenu des confédérations CGT et CGT-FO qu’elles participent à la conférence sociale, mais il ne renonce pas pour autant au « dialogue social ». Quant aux collectivités territoriales, il exige des élus, et en particulier des maires (qui résistent), qu’ils prennent à leur compte un total de 22 milliards d’euros de coupes en trois ans, et qu’ils le traduisent dès l’an prochain dans leurs budgets.

Sur ce dernier point, apparaît une contradiction. A la gauche du Parti socialiste, Emmanuelli évoque la possibilité d’une scission du PS, le député PS Jean-Marc Germain déclare : « En l’état, je ne peux voter le projet de budget 2015 »… mais Benoît Hamon corrige : « Nous ne sommes pas dans l’opposition. » Quant aux dirigeants du Parti communiste… L’Humanité ouvre un débat sur une possible VIe République… et cite un responsable de la gauche du PS pour qui Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, est « le trait d’union entre les gauches ».

Trait d’union ? Est-ce pour cette raison que, tout en critiquant vertement le Parti socialiste, les dirigeants du PCF négocient avec lui les candidatures aux prochaines élections cantonales et régionales ?

Trait d’union ? Est-ce pour cette raison que, tandis que la direction du PCF condamne le pacte de responsabilité, ses élus, dans les communes qu’il dirige, préparent des budgets de rigueur, qui, à coups de milliers de suppressions d’emplois, traduiront le pacte de responsabilité du gouvernement ?

Du point de vue du mouvement ouvrier, la nécessaire rupture avec l’Union européenne et ses traités se concentre aujourd’hui dans une question : rupture avec le gouvernement Hollande-Valls ! Rupture qui n’a de sens que si elle implique d’aider la classe ouvrière à rassembler ses forces, avec ses organisations, sur son terrain de classe, pour bloquer le pacte de responsabilité.

Et cela aujourd’hui, maintenant !

Telle est la position du Parti ouvrier indépendant. C’est pour en débattre qu’il invite largement travailleurs, militants et jeunes dans les assemblées ouvertes qu’il organise dans tout le pays.

(1) Ce qui n’empêche par Bruxelles de faire planer la menace d’un refus de validation de ce budget s’il ne comprend pas 8 milliards d’euros de coupes supplémentaires.

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Catégories: EDITORIAL

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