Lundi dernier, plus du tiers de la population de Groix a manifesté à Vannes, jusque devant le Conseil général, pour exiger l’annulation des hausses de tarif et un moratoire. Une délégation a été reçue par un directeur de cabinet assisté de deux directeurs de Veolia. Elle a dû enregistrer le refus de satisfaire les revendications de la population.
Sous la dénomination de «délégation de service public», la Compagnie Océane (Veolia) assure le transport maritime entre le continent et les îles côtières du Morbihan : Groix, Belle-Île, Hoëdic, Houat.
Bien que déjà très élevé, le niveau des tarifs ne suffit pas à la multinationale qui exige, dans le cadre de la négociation de la «délégation de service public» pour 2015, des hausses de tarif considérables et la suppression des tarifs préférentiels pour les îliens. Les élus de l’Île de Groix expliquent : «Cette hausse oscillera, entre +20% et +308%, alors que les prévisions tablent sur un taux d’inflation annuel de 1,3%. Les tarifs de passage des camions de marchandises insulaires seront aussi concernés puisque la hausse sera entre 216% et 248%»
Après la suppression de la barge de Bréhat, c’est au tour des îles côtières du Morbihan de faire les frais de l’abandon du principe républicain de continuité du territoire et de la politique de privatisation des services publics.
Et l’annonce, mardi, en provenance du cabinet du ministre de l’économie de Thierry Mandon selon laquelle « Des missions [supplémentaires] pourront être transférées au privé » n’est pas faite pour rassurer les îliens.
« A Paris, Gattaz dicte ses exigences au gouvernement PS ; à Vannes, Veolia dicte les siennes au Conseil général UMP, commente un militant courroucé. Et tout cela grâce au principe gouvernemental de la « délégation de service public »… au privé.