« La mobilisation unie des travailleurs et de leurs organisations, en balayant le pacte de responsabilité, ouvrira la voie à l’édification d’une authentique démocratie politique »

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2017 ?

L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

D’heure en heure, la crise du régime s’approfondit. De toutes parts, la question est posée : combien de temps Hollande et le gouvernement, dont la politique est rejetée par l’immense majorité de la population, pourront-ils encore tenir ?

De toutes parts aussi, aux sommets des partis institutionnels, on prend soin de ne pas en rajouter : jusqu’à Marine Le Pen qui se déclare favorable à une cohabitation avec Hollande au nom de la sauvegarde des institutions.

Et pourtant, le régime de la Ve République est frappé à mort. Des journalistes découvrent brusquement le caractère monarchique du régime présidentiel. Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, demande l’ouverture d’« un débat national, public, sur la proportionnelle ».

Jean-Luc Mélenchon et Cécile Duflot se prononcent pour une VIe République. Même Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, troisième personnage de l’Etat, constate que « nous sommes en train de vivre l’épuisement de nos institutions qui reposent sur le mythe du sauveur suprême », fait mine de découvrir qu’on « installe notre salut entre les mains d’un seul homme, le président de la République », et recommande d’examiner la question des institutions « en 2017, lors de la campagne présidentielle ».

2017… il faut que ce régime tienne jusqu’en 2017 : tel est le sens du fameux « j’agis et j’agirai » prononcé par Hollande devant la presse internationale. Autrement dit : « J’agis et j’agirai » pour appliquer toutes les mesures destructrices dictées par l’Union européenne, le FMI, la classe capitaliste.

C’est ce qu’a répété Manuel Valls, lors de son voyage en Italie. C’est ce qu’a repris, à son tour, Christine Lagarde, directrice générale du FMI, qui, dans une interview au journal Les Echos, insiste sur la nécessité de mettre en oeuvre les « réformes structurelles », et notamment de « s’attaquer au carcan de la réglementation du travail ».

Il faut que ce régime tienne et fasse ce pour quoi il a été mis en place : c’est pourquoi, les 9 et 10 septembre, le gouvernement, tente à nouveau d’instaurer le prétendu « dialogue social », cherchant à associer les organisations syndicales des différentes branches professionnelles.

Seulement voilà : il n’y a pas de forme sans contenu. La forme des institutions de la Ve République — ce régime bonapartiste dont le président de la République est la clé de voûte — a pour contenu de faire passer les coups les plus meurtriers contre la classe ouvrière et la démocratie en cherchant à y associer les organisations ouvrières.

Si, aujourd’hui, ce système institutionnel corporatiste explose, c’est parce qu’il n’est plus à même d’imposer le contenu social pour lequel il a été bâti : l’échec de la conférence sociale de juillet en a, en quelque sorte, sonné le glas.

C’est pourquoi la liquidation des institutions de la Ve République n’est pas un sujet de débat pour 2017, mais un objet du combat d’aujourd’hui.

Cette exigence se concentre dans la nécessité de bloquer, maintenant, le pacte de responsabilité. La mobilisation unie des travailleurs et de leurs organisations, en balayant le pacte de responsabilité, ouvrira la voie à l’édification d’une authentique démocratie politique dont les formes et le contenu seront définis par le peuple lui-même.

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Catégories: EDITORIAL

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