Confiance à qui, et pour quoi faire ?

edito-logo

L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

 

En quelques jours, les déclarations se sont précipitées. Le ministre de l’Economie reconnaît que le gouvernement est incapable de tenir ses objectifs. Valls déclare cependant au Journal du dimanche qu’il est « hors de question » de changer de politique et que « le pacte de responsabilité va véritablement entrer en oeuvre maintenant ». Hollande, sous prétexte du 70e anniversaire du débarquement en Provence, en appelle à l’unité nationale. Inconscience ? Provocation ? Ou calcul délibéré ?

Le pays est au bord du gouffre, avec plus de 5 millions de chômeurs et plus de 9 millions en dessous du seuil de pauvreté : effondrement social, économique, dislocation de la nation. La crise du régime est à son comble. Toutes les institutions et formations politiques se décomposent. Mais le calcul de Hollande et Valls est simple : en dehors d’eux, il n’y a pas de recours.

La droite en crise « dénonce », mais sur le fond, elle n’a pas de désaccord avec le pacte de responsabilité et tente de préparer « l’alternance » pour 2017. Au nom du Medef, Gattaz déclare ce 18 août : « Le gouvernement fait ce qu’il faut et va dans la bonne direction. »

A gauche, le Parti communiste réclame « un changement », tandis que la gauche du PS réclame une « réorientation » et une « remise à plat du pacte de responsabilité ». Certes, certes… Mais à qui ces demandes sont-elles adressées ? A Hollande ? Au gouvernement ? Toute la question est là.

Conformément à la logique bonapartiste des institutions de la Ve République, tous — les uns avec déférence, les autres avec fermeté — se tournent… vers Hollande, pour lui demander de bien vouloir modifier sa politique.

Tous… sauf l’immense majorité de la population. Un sondage Ifop publié ce dimanche indique que 85 % des personnes interrogées ne font aucune confiance au gouvernement pour lutter contre le chômage. Le rejet est total. C’est bien là que le bât blesse.

Dans son éditorial du 18 août, intitulé : « Et maintenant, monsieur le Président ? », le journal Le Monde salue la « lucidité » du gouvernement, mais s’inquiète : « Ce que les Français attendent désespérément, c’est le temps des solutions et si possible des résultats. »Or Le Monde, qui appuie pourtant les mesures annoncées par le gouvernement, relève : « Rien de tout cela n’est à l’évidence suffisant, ni de nature à convaincre le pays que le gouvernement se donne tous les moyens de sortir de l’ornière. (…) Le pire, désormais, serait qu’il apparaisse désarmé. »

Il faut donc que le consensus se réalise autour du gouvernement et de sa politique. Mais cette exigence de consensus se heurte à ces 85 % de la population qui refusent toute confiance au gouvernement.

En ces derniers jours de la période de congés d’été, ces affirmations répétées de Sapin, Hollande, Valls poussent à l’explosion sociale.

La confiance que la classe ouvrière refuse au gouvernement, c’est à elle-même qu’elle doit se l’accorder, c’est-à-dire prendre confiance en sa capacité à construire sa lutte de classe unie, avec ses organisations, sur ses revendications.

Cela implique que les organisations qui parlent au nom de la classe ouvrière refusent tout soutien au gouvernement Hollande-Valls, et campent fermement sur le terrain de l’indépendance fondée sur les revendications et aspirations fondamentales de la classe ouvrière, de la jeunesse et de l’ensemble de la population.

Seule l’action collective des exploités et des opprimés unis avec leurs organisations dégagera une issue de rupture avec la politique actuelle. C’est la voie par laquelle la volonté politique de la majorité peut s’imposer.

Mots-clés : ,

Catégories: EDITORIAL

Recevez nos informations

Subscribe to our RSS feed and social profiles to receive updates.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 982 autres abonnés