Carpeaux, sculpteur officiel et scandaleux

carpeaux vignette

cultureEn 1869, La Danse de Jean-Baptiste Carpeaux est érigée devant le Palais Garnier. C’est un chef-d’oeuvre de mouvement, de spontanéité, de chaleur et de vie. Carpeaux a beau être aussi l’homme de la grâce et du sourire, comme son compatriote Watteau (ils sont nés à Valenciennes), le scandale explose : les danseuses et le joueur de tambourin sont entièrement nus. Prosper Mérimée, qui a déjà traité Carpeaux de « crapaud », stigmatise ce « groupe de sauvages dansant le cancan devant l’Opéra ».

Carpeaux - la danseSa carrière avait pourtant bien commencé : élève de Rude aux Beaux-Arts, prix de Rome, habitué des fêtes impériales. Grâce aux commandes de Napoléon III, il était devenu le portraitiste de sa famille, avec les bustes de l’empereur, de l’impératrice, de la princesse Mathilde, de Plon-Plon (le prince Jérôme Bonaparte). Il était le professeur de dessin du Prince impérial qui sera tué par les zoulous (les ancêtres des mineurs de Marikana).

En 1860, il éclate avec Ugolin et ses enfants, inspiré d’un vers de Dante, d’une terrible ambiguïté.

Ugolin, tyran de Pise, a été renversé par l’évêque Ubaldini, qui l’a enfermé dans la « Tour de la Faim » avec ses quatre enfants. Dante écrit : « La faim fut plus forte que la douleur » ; ce qui peut signifier, soit : Ugolin n’est pas mort de douleur mais de faim ; soit : Ugolin a dévoré ses enfants.

Et le poète met les deux hommes dans son Enfer de glace, avec les traîtres à leur cité. Ils sont pris dans les glaces, et le châtiment de l’évêque est d’être éternellement dévoré par celui qu’il a fait mourir de faim.

Sa dernière œuvre sera la Fontaine de l’Observatoire à Paris : Les 4 Parties du monde, 4 continents incarnés par 4 femmes qui soutiennent le globe terrestre. Celle qui représente l’Afrique a bénéficié d’un tirage à part, sous le titre : Pourquoi naître esclave ? (demande cette africaine dévêtue et entravée).

Le plus grand statuaire que la France ait eu entre Rude et Rodin est honoré d’une rétrospective, au Musée d’Orsay : « Carpeaux, un sculpteur pour l’Empire ». Jusqu’au 28 septembre.

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Catégories: CULTURE, L'email du dimanche

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