
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Plus que jamais aligné sur Obama et sa couverture hypocrite du massacre du peuple palestinien, Hollande vient d’apporter son soutien aux frappes militaires américaines en Irak… Cela, au prétexte de la lutte contre l’« Etat islamique en Irak et au Levant », une organisation fabriquée, armée, et financée par les alliés des Etats-Unis ! Il n’est pas un domaine de l’extension des guerres et de la barbarie où Hollande ne se comporte en supplétif d’Obama.
Cela vaut sur tous les plans. Il y a quelques années, Denis Kessler — alors président de la Fédération française des sociétés d’assurance, étroitement reliée aux milieux d’affaires spéculateurs des Etats-Unis — avait revendiqué le démantèlement de tout l’édifice social de 1945, à commencer par la Sécurité sociale.
Ce que Kessler avait rêvé, Hollande tente de l’imposer. Mais le Conseil constitutionnel a censuré la mesure d’exonération totale de cotisation pour une partie des salariés prévue dans le pacte de responsabilité.
Institution réactionnaire par excellence, le Conseil constitutionnel rappelle au gouvernement « socialiste » que la cotisation (salaire différé) ouvre à chaque salarié l’accès à la solidarité ouvrière. Et que remettre en cause ce versement pour une partie des salariés serait remettre en cause l’existence de la « Sécu » fondée en 1945. Par conséquent, toute « réforme d’ensemble du financement de Sécurité sociale » — à laquelle le Conseil constitutionnel, et bien d’autres avec lui, est tout à fait favorable — ne peut se faire sans un large consensus… qui est loin d’être réalisé…
Ce nouvel épisode de la crise de régime a le mérite d’éclairer les véritables buts que s’assigne le gouvernement Hollande : défaire les liens collectifs qui constituent la classe ouvrière comme classe, aller jusqu’au bout de l’individualisation et de l’atomisation. Bref, le programme traditionnel des secteurs les plus réactionnaires de la classe capitaliste, les plus hostiles à la démocratie politique.
Et maintenant ? Le gouvernement annonce des mesures de remplacement. La « gauche » du Parti socialiste réclame une « remise à plat du pacte de responsabilité » et propose d’étendre et généraliser la CSG. Mais qu’est-ce-que la CSG, sinon l’impôt substitué au salaire différé, et donc une autre voie aboutissant au démantèlement de la Sécurité sociale de 1945 ?
La classe ouvrière ne peut se sauver comme classe qu’en préservant ses institutions et ses conquêtes collectives, au premier rang desquelles : la Sécurité sociale de 1945. Cela passe par le retrait pur et simple du pacte de responsabilité, l’abrogation des exonérations de cotisations — par lesquelles les patrons pillent la Sécurité sociale au nom de l’emploi et dont ils se servent pour spéculer — et la restitution à la Sécurité sociale des centaines de milliards d’euros qui en ont été détournés depuis trente ans.
Seule la mobilisation, sur leur terrain de classe, des travailleurs unis avec leurs organisations solidement enracinées dans la défense de l’institution ouvrière permettra d’avancer dans cette direction.
En ce 150e anniversaire de la fondation de l’Association internationale des travailleurs — cette Première Internationale ouvrière rassemblant tous les courants authentiques du mouvement ouvrier international —, la lutte conjointe contre la guerre et contre l’exploitation incombe plus que jamais à la classe ouvrière, au plan international comme dans chaque pays.
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