
La revue Dialogue, reprise cette semaine par Informations Ouvrières, l’hebdomadaire du POI, publie une longue interview de Haim Bresheet, professeur d’études cinématographiques, réalisateur et photographe. Né après la Seconde Guerre mondiale dans un camp de réfugiés en Italie, il est le fils de deux survivants d’Auschwitz. Sa famille émigre en 1948 en Israël. Il passe sa jeunesse à Jaffa. Il est lieutenant dans l’armée israélienne de 1964 à 1967. Il quitte Israël pour Londres en 1967 où il enseigne à l’université d’études orientales (SOAS).
Il explique le combat qui se mène dans les milieux universitaires à l’échelle internationale et jusqu’en Israël : « Plus de mille six cents universitaires du monde entier ont, en quelques jours, signé un appel aux universitaires israéiens pour qu’ils se joignent aux universitaires à Gaza et exigent la fin non seulement de l’offensive meurtrière, mais aussi de l’occupation elle-même, la source de tout le mal politique en Israël. Parmi ces signataires, on trouve des universitaires et des intellectuels du monde entier : Noam Chomsky, Angela Davis, Etienne Balibar, Naomi Klein, Jacques Rancière, Slavoj Zizek, John Berger, Richard Falk, David Palumbo-Liu, Sara Roy, la baronne Tonge, sir Patrick Bateson, Ahdaf Sueif, Jacqueline Rose — et la liste se poursuit avec mille six cents autres noms (on peut lire la lettre et la liste complète sur http://haimbresheeth.com/gaza/an-open-letter-to-israel-academics-july-13th-2014/statement-by-israeli-academics-july-2014/ target= »_blank » ).
La revue Dialogue qui se présente comme une tribune de « discussion entre juifs et arabes de Palestine, pour le droit au retour et un seul Etat » présente ainsi son dernier numéro paru en juillet :
La revue Dialogue
En ce début de mois de juillet 2014, une vague de répression massive touche la population palestinienne de Cisjordanie et de la Bande de Gaza. Une fois encore, c’est une punition collective que subissent les Palestiniens. Le prétexte de la responsabilité collective des peuples a toujours été utilisé dans l’histoire pour justifier les pires crimes. La différence des droits institutionnalisée, le découpage de la Palestine en zones ethniques , un découpage que certains voudraient voir comme le contour d’un futur Etat, ne sont ils pas à l’origine de l’accélération actuelle de la ségrégation et des menaces contre tout le peuple palestinien ?
Comme vient de l’affirmer Avraham Burg, un ancien président de la Knesset israélienne, qui a aujourd’hui perdu la plupart de ses illusions : toute la société palestinienne est une société kidnappée … la plupart des Israéliens qui a effectué un service significatif dans l’armée sont entrés dans la maison d’une famille palestinienne dans le milieu de la nuit par surprise, avec violence, et tout simplement ont emporté le père, le frère ou l’oncle …. c’est de l’enlèvement et cela arrive tous les jours .
Pour Ilan Pappe, dont nous publions le dernier article dans ce numéro de Dialogue, le nettoyage ethnique se termine quand il est complet ou quand on lui donne un coup d’arrêt. La Paix en Israël et en Palestine signifie donner un coup d’arrêt au nettoyage ethnique comme condition préalable à toute réconciliation.
Une société kidnappée soumise à un nettoyage ethnique permanent, un peuple pris en otage et pour lequel la seule perspective proposée par les grandes puissances, à commencer par les États Unis est la constitution d’une prison à ciel ouvert que l’on appellera État par dérision, ou la perspective des droits égaux pour tous les peuples vivants entre la Méditerranée et le Jourdain ? Telle est la question. La barbarie ou l’égalité des droits dans un seul et même État, débarrassé de toute forme de ségrégation politique, sociale et religieuse ? En Palestine, comme dans le monde entier.
Un lecteur nous écrit et s’interroge : « démontrer la réalité de la situation, faire connaître celle-ci malgré la complicité des médias me semble prioritaire.
L’idée d’un seul État et du droit au retour m’apparaissent comme des perspectives lointaines, un débat d’idée… pendant que des gens en sont au stade de la lutte quotidienne pour leur survie. Pourtant, j’en suis conscient, y a-t-il à terme une autre solution démocratique ? »
Le revue Dialogue n’a pas d’autre objectif que d’aider à ce que cette discussion se mène dans le mouvement ouvrier et démocratique sur le plan international.
La rédaction.
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