
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Washington, 31 juillet : vingt-quatre heures après qu’Obama a cyniquement appelé Israël « à faire le maximum pour épargner les civils », le Congrès vote une aide de 225 millions de dollars pour le système de défense antimissile d’Israël (dans le cadre d’une aide militaire de 30 milliards de dollars en cinq ans) !
Washington, 2 août : plus de cinquante mille manifestants défilent contre l’intervention à Gaza. Parmi les orateurs, Carol Gay : « Je suis la présidente du conseil des syndicats industriels de l’Etat du New Jersey. Je représente ici le Labor Fightback Network (…). L’agression massive d’Israël ne relève pas d’une question de défense. Il s’agit d’anéantir les Palestiniens, un anéantissement qui se poursuit depuis des décennies. Comme travailleurs, nous sommes solidaires de tous les Palestiniens : ceux de Gaza, ceux de Cisjordanie, et les Palestiniens réfugiés, dispersés dans le monde entier. Nous sommes ici pour dénoncer avec force le soutien du gouvernement américain à Israël (…). Ces attaques indiscriminées ne sont rien d’autre qu’une punition collective (…), cela fait clairement partie d’un plan d’épuration ethnique (…). Nous sommes ici pour exiger d’Obama, de John Kerry et du Congrès qu’ils obligent Israël à arrêter les bombardements, arrêter le blocus de Gaza, arrêter la colonisation croissante et à mettre un terme à l’occupation (…) et en finir avec son système répressif d’apartheid. Est-ce que les Etats-Unis ont le pouvoir de faire cela ? Oui. En cessant toute aide à Israël, en arrêtant le flot de milliards de dollars payés par nos impôts, qui payent l’occupation. Nous disons : plus un sou, plus un centime, nous refusons de payer pour les crimes d’Israël ! Nous voulons également dire clairement que nous pensons que l’occupation est le crime et non la résistance (…). Les peuples occupés ont le droit légitime de se défendre (…). Obama, écoute-nous maintenant : nous exigeons la paix et la justice pour la Palestine. Arrêt de l’occupation ! Arrêt du siège de Gaza ! Arrêt du financement de la guerre et de l’occupation israélienne ! Assez de morts et de dévastation ! Rendez aux Palestiniens le droit de vivre ! La punition collective n’est pas la voie pour la paix. Que vive Gaza ! »
Ainsi s’exprime la militante ouvrière Carole Gay. Ainsi s’expriment de larges secteurs du mouvement ouvrier aux Etats-Unis.
Deux Amériques se font face ; deux classes se font face, aux Etats-Unis, en France, comme dans le monde entier : l’une du côté des massacreurs, l’autre du côté de ceux qui résistent et combattent.
D’un côté, l’impérialisme barbare est prêt à détruire les nations et les peuples pour les besoins des multinationales, des banquiers, des spéculateurs (1). De l’autre côté, la réaction légitime de larges secteurs du mouvement ouvrier qui disent : la cause du peuple palestinien est la cause commune de tous les exploités et opprimés qui combattent.
Plus que jamais : Arrêt de l’occupation ! Arrêt des bombardements ! Levée du blocus ! Le peuple palestinien a le droit de vivre : c’est au mouvement ouvrier international de le dire et de l’imposer.
(1) En même temps qu’il déverse des centaines de milliards pour la guerre, le gouvernement américain ferme hôpitaux et universités par centaines… En France, fervent supporter de l’intervention israélienne, Valls a annoncé qu’il imposera « tout le pacte de responsabilité ».