
Le 14 juin 2014, on a inauguré à Alger une plaque commémorative apposée sur la « Grotte de Cervantès », en souvenir du séjour qu’y fit le Manchot de Lépante. Mais comment est-il donc arrivé là ?
En 1575, après la fameuse journée de Lépante (1571) , où il a perdu une main, et après ses autres campagnes militaires contre les Turcs, Cervantès s’embarque à Naples pour regagner son Espagne natale. Il est alors capturé par des pirates barbaresques, qui le vendent sur le marché aux esclaves d’Alger (le « Badistan »), ainsi qu’il le racontera dans une pièce de théâtre : El Trato de Argel (Le Marchandage d’Alger).
A cette époque, il n’a encore rien écrit, si ce n’est un Tombeau [1] d’Elisabeth de Valois, femme du roi Philippe II d’Espagne. Cervantès devient l’esclave (et le giton [2] selon Arrabal) d’Hassan Pacha, bey d’Alger, nommé par la Porte [3].
En 1577, à sa 2e tentative d’évasion (il y en aura 4), il attend une galère espagnole qui vient le délivrer ; mais le complot est dénoncé par un traître, et Cervantès doit se cacher dans une grotte, laquelle existe toujours, au milieu d’un jardin du quartier Belouizdad (Belcourt, sous la colonisation française). C’est là qu’il commence à écrire son Don Quichotte : les chapitres autobiographiques N° 39, 40, 41, intitulés Le Récit du Captif.
Puis il est repris et enfermé dans les Bains-Prison du Pacha : ce sera le sujet de sa pièce Los Baños de Argel (Les Bains d’Alger). En 1580 il est racheté contre une rançon de 500 écus d’or et il rentre chez lui : fin de son odyssée, place à l’écriture !