
Le premier ministre a adressé cette mise en garde mardi soir sur TFI après avoir affirmé que le blocage des bateaux reliant la Corse au continent par les grévistes de la SNCM était « tout à fait insupportable » et que la compagnie se trouvait « en danger de mort ». Cette déclaration est survenue alors que la négociation engagée sous les auspices du médiateur nommé par le gouvernement était toujours dans l’impasse.
Les représentants du gouvernement ont présenté un nouveau texte prévoyant un moratoire de plusieurs mois sans procédure judiciaire qui permettrait de poursuivre les discussions sur une éventuelle reprise de la compagnie. Mais les syndicats continuent d’exiger en préalable à tout accord la garantie qu’il ne sera pas procédé au dépôt de bilan auprès du tribunal de commerce, comme le souhaiteraient aussi bien l’actionnaire principal, Transdev, que le gouvernement. Un tel dépôt de bilan déboucherait sur le démantèlement de l’entreprise, assurent les représentants syndicaux.
Dans le même temps, les organisations patronales corses et les CCI de l’île ont demandé aux pouvoirs publics de débloquer le Kallisté, un bateau appartenant à une autre compagnie, bloqué à Marseille par les marins de la SNCM ainsi que la sécurisation d’un quai permettant à ce dernier de reprendre ses rotations.
Sous le titre "Le gouvernement prend seul la responsabilité de la poursuite de la grève à la SNCM et aux TCA d’Ajaccio", Informations Ouvrières du 10 juillet publie le compte rendu de deux conférences de presse qui ont eu lieu lundi 7 juillet. L’une à Marseille avec tous les syndicats des marins de la SNCM; l’autre à Ajaccio avec les syndicats FO et CGC des transports en commun d’Ajaccio auxquels se sont joints des délégués des marins de la SNCM. Le point commun de ces deux entreprises : elles sont dirigées par le groupe Transdev.
On y lira également les communiqués de soutien aux marins grévistes de la SNCM: lettre du secrétaire général de la CGT au président de la République, unions départementales FO du Var et des Bouches du Rhône, unions locales FO et CGT du Havre, unions locales CGT d’Antibes et de Toulon, union départementale CGT de Seine Maritime , fédération FO des cheminots…..
ainsi que le courrier du secrétaire d’Etat Cuvillier, du 4 juillet aux organisations syndicales justifiant le vote de l’Etat actionnaire aux cotés de Veolia et du PDG de Transdev et se prononçant pour un plan de redressement "qui peut passer par un règlement judiciaire".