Echec au corporatisme

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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

« Un sévère camouflet » infligé à Hollande et Valls : c’est en ces termes que la presse commente la décision de la CGT et de la CGT-Force ouvrière de ne pas participer à la conférence sociale.

Un camouflet à l’exécutif ? Certes. Mais plus que cela : c’est l’essence même du corporatisme qui subit ici un échec dans sa tentative d’enchaîner, en France comme dans le reste de l’Europe, les organisations ouvrières aux « pactes » avec l’Etat et le patronat. C’est aussi l’expression du degré atteint par la décomposition d’institutions bonapartistes désormais impuissantes à jouer leur rôle. Avec, souligne lefigaro.fr (7 juillet), « cette anomalie pour un exécutif de gauche d’être “soutenu” — tout du moins sur le pacte de responsabilité — par les organisations patronales et vilipendé par les syndicats de salariés ».

Hollande et Valls avaient tenté de passer en force. Le 16 juin, Valls avait proclamé que « le gouvernement tiendra les engagements inscrits dans le pacte de responsabilité », adressant ce diktat aux syndicats : « Rien ne pourra se faire sans vous. ». Pour s’assurer la présence du Medef à la conférence sociale, il s’était engagé à inscrire dans la loi le détail des exonérations des cotisations de Sécurité sociale et d’allégement de charges dont le patronat bénéficierait, et à procéder par ordonnances pour permettre la généralisation du temps partiel imposé.

L’échec de cette tentative de passage en force est un produit de la lutte de classe. La décision des directions de la CGT et de la CGT-Force ouvrière de ne pas siéger à la conférence sociale a été annoncée au tout dernier moment. Indiscutablement, le mouvement qui s’est exprimé parmi les militants et les cadres, mais aussi de la part d’organisations confédérées elles-mêmes (syndicats, unions départementales, et fédérations) a pesé lourdement dans le choix final. Un mouvement qui s’inscrit dans la continuité des initiatives d’action commune FO-CGT décidées — parfois au plan national, et dans d’autres cas au niveau de régions, départements ou branches professionnelles — contre la réforme des retraites, contre l’ANI ou en appui à la grève des cheminots. Un mouvement qui s’enracine dans la vague de résistance ouvrière qui mûrit dans le pays et qui, après la grève à la SNCF, s’exprime dans celle de la SNCM, contre laquelle le gouvernement a osé ordonner la répression policière.

Et maintenant ? Dès lundi soir, Hollande a fait connaître sa détermination à trouver d’autres moyens pour « passer ». La feuille de route est inchangée, tracée par Valls le 1er juillet : « Simplifications du Code du travail » et « réforme territoriale (qui) est la mère de toutes les batailles ». On ne peut être plus clair. Dans une telle situation, la menace de démantèlement du Code du travail et de la République prépare le choc classe contre classe. En état de légitime défense, la classe ouvrière n’a d’autre choix que de chercher, par les méthodes de sa lutte de classe, à infliger une défaite nécessaire au gouvernement Hollande-Valls et au régime de la Ve République. Elle ouvrira ainsi la voie au règlement d’autres questions : celles de la liquidation de ces institutions antidémocratiques et de la rupture avec l’Union européenne.

Il n’est dès lors pas de tâche plus urgente pour quiconque se revendique du mouvement ouvrier que d’aider à la réalisation de l’unité des travailleurs et de leurs organisations sur un objectif : bloquer le pacte de responsabilité et la réforme territoriale.

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Catégories: EDITORIAL

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