Aucune légitimité !

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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

 

Le 25 mai, plus de 94 % des électeurs inscrits ont refusé leur suffrage au Parti socialiste. Du point de vue de la démocratie, un gouvernement (et un président-bonaparte) ainsi rejeté perd toute légitimité. Mais cet « homme malade de l’Europe », comme le désignent les journalistes, reste, pour le capital financier, le seul capable d’imposer les contre-réformes et mesures de destruction qu’il exige. C’est pourquoi l’Union européenne, tout en maintenant sa pression, le traite avec un certain ménagement.
Dans ce contexte, Hollande annonce la constitution de 14 nouvelles régions se substituant aux précédentes. A défaut de supprimer les départements (ce qui pose un problème constitutionnel), l’objectif est d’en siphonner les prérogatives pour les concentrer dans des régions autorisées à déroger aux règles et lois communes de la République. Coup triple : remise en cause de l’égalité des citoyens dans la République, effacement de l’Etat-nation derrière l’Europe des régions, et application du pacte de responsabilité ponctionnant 50 milliards d’euros de dépenses publiques.
Rendant compte de discussions au sein du Front de gauche, L’Humanité (3 mai) signale qu’en provenance « des rangs de toute la gauche » se multiplient des « appels à la convergence autour d’une politique en rupture avec l’austérité ». Si tel était le cas, on ne pourrait que s’en féliciter.
Parmi les exemples cités, le « président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, PS, qui propose des états généraux de la gauche ». Stéphane Troussel ? Il y a moins de deux mois, le 10 avril, il faisait adopter (1) un budget départemental reconduisant les mesures d’austérité du budget précédent : réduction des subventions aux cartes de transport des jeunes et des personnes âgées, suppression de subventions aux associations sportives, culturelles et artistiques, augmentation des tarifs des cantines des collèges… A quoi s’ajoute la suppression de dizaines de postes d’agents dans 61 des 120 collèges du département, à l’origine de deux grèves en quinze jours à l’appel d’organisations syndicales opposées à ces suppressions.
Rupture avec l’austérité ? Stéphane Troussel se propose « d’organiser rapidement des états généraux de la gauche qui réunissent les partis, mais aussi les forces vives de ce département, associatives, citoyennes, syndicales ». Faudrait-il que les organisations syndicales, se constituant en états généraux avec les partis, les associations et M. Troussel, renoncent à combattre son plan d’austérité ? Faudrait-il, à un autre niveau, que les organisations ouvrières s’associent au pacte de responsabilité du gouvernement, au dialogue social et aux tables rondes ?
Pour la classe ouvrière, pour ses organisations, pour le mouvement ouvrier, l’issue ne passe pas par l’association au pacte de responsabilité. L’issue, c’est la rupture avec le pacte de responsabilité, le refus de tout soutien au gouvernement Hollande-Valls et de toute subordination à l’Union européenne. L’issue, c’est la lutte de classe unie, contre le pacte de responsabilité et chacune des mesures qui en découlent. Cela est vrai au plan local, mais aussi départemental et national.
L’issue, c’est que le peuple travailleur réalise son unité et se mobilise pour se sauver lui-même et non pour sauver ce gouvernement et ces institutions au seul service de la classe capitaliste.

(1) Les élus PCF s’abstenant.

 

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Catégories: EDITORIAL

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