
« Ils ont tué Jaurès ! ». Ce cri retentit rue Montmartre, poussé par Marguerite Poisson, témoin de la scène. En quelques heures à Paris, dans toute la France, la formule est sur toutes les lèvres. Le 31 juillet 1914, la plus belle figure du socialisme français vient d’être exécutée par un homme d’Action française. Son pacifisme lui a coûté la vie.
C’est en 1892, quand les mineurs de Carmaux se mettent en grève, que le destin de Jaurès bascule. Le républicain bourgeois rejoint les ouvriers et il devient socialiste parce que ceux-ci le lui demandent : il sera leur député. L’année suivante, il est à la tête du Parti socialiste…
En 1905, il sera le grand artisan de l’unité des socialistes dans la Section Française de l’Internationale Ouvrière, qu’il dominera par son charisme. Et il fait de L’Humanité le journal du nouveau parti : ce titre a été trouvé par Lucien Herr (qui a amené Jaurès au socialisme) car « l’humanité n’existe pas encore … »
Le 9ème congrès de l’Internationale Ouvrière s’ouvre à Bâle le 24 novembre 1912 et Jaurès monte en chaire pour faire un discours proposant la grève générale en cas de guerre : la cathédrale a été mise à la disposition des congressistes par le clergé de la ville, qui est de la vache à Colas…
Effectivement la guerre est là et elle emportera son fils à l’âge de 20 ans : « Le socialisme est un sommet où mènent tous les chemins qui montent, mais ces chemins sont semés d’obstacles, et même hérissés de tombeaux… »
Dans le cadre du centenaire de sa disparition : exposition aux Archives Nationales à Paris jusqu’au 2 juin 2014.
Hôtel de Soubise 60, rue des Francs-Bourgeois - 75003 Paris .
De 10h à 17h30 en semaine.
De 14h à 17h30 le week-end.