
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
« Le gouvernement ukrainien a le droit et la responsabilité de maintenir la loi et l’ordre sur son territoire. » Ainsi s’est exprimé Obama, justifiant le massacre de la Maison des syndicats, à Odessa (lire page 10), quelques heures après qu’il a été perpétré. Et tandis que les effectifs des troupes américaines basées dans les pays voisins étaient augmentés, l’éditorial du Wall Street Journal appelait les Etats-Unis à équiper l’Ukraine en armement lourd, et même à participer à l’offensive militaire.
Il faut le dire clairement : l’administration Obama, l’Union européenne et les gouvernements qui la composent, portent la responsabilité de cette marche à l’explosion et à la guerre.
Ce sont eux qui, depuis des mois et des mois, ont alimenté les événements qui ont conduit à la mise en place à Kiev d’un « gouvernement » (intégrant des secteurs d’extrême droite) aux ordres de l’Union européenne et du FMI.
Il y a des contradictions, certes. Certains poussent à la guerre, d’autres préfèreraient s’en tenir à des sanctions, des pressions financières, des menaces. Mais tous considèrent légitime que l’Union européenne, les Etats-Unis ou les gouvernements de différents pays capitalistes confisquent entre leurs mains le sort de l’Ukraine. De quel droit ? Dans quel but (1) ?
Le gouvernement Hollande-Valls est directement impliqué. Ce gouvernement renonce à toute souveraineté en accompagnant le démantèlement d’Alstom et de toute l’industrie nationale au profit du capital financier, principalement nord-américain. Ce gouvernement envoie son ministre Sapin à Bruxelles pour soumettre à l’Union européenne — qui le juge insuffisant — le plan des 50 milliards de coupes du pacte de responsabilité. En toute logique, ce même gouvernement prétend, avec l’Union européenne et le FMI, interdire toute souveraineté aux autres peuples, de l’Ukraine au Mali, à la Centrafrique…. Tout cela pour satisfaire aux exigences d’un capital financier — multinationales, banquiers et spéculateurs — dont « l’ordre mondial » se résume au droit imprescriptible de piller les pays et d’imposer sa dictature.
Les travailleurs et les peuples refusent la guerre. Face aux fermetures d’usines et à l’austérité, les travailleurs et le peuple, en France, ont les mêmes intérêts que les travailleurs et le peuple d’Ukraine frappés par l’augmentation de 50 % du prix du gaz et les menaces de privatisation-destruction des mines.
En Ukraine comme en France, les travailleurs et les peuples n’ont d’autre choix que de combattre l’Union européenne, que certains présentaient naguère comme un « facteur de paix », et qui n’est qu’instrument de guerre et de décomposition.
Qu’elle soit armée, militaire, économique, politique ou diplomatique, aucune ingérence française en Ukraine n’est légitime. Quant à l’Union européenne, facteur de guerre et de décomposition, elle doit disparaître. C’est la condition pour que tous les peuples, en France, en Ukraine et sur tout le continent, se réapproprient leur souveraineté et établissent entre eux des relations de paix et de fraternité, débarrassées des chaînes de l’oppression et de l’exploitation.
(1) Ce n’est pas de Poutine et de son régime au service des intérêts capitalistes qu’il s’agit, pas plus qu’il ne s’agissait de Kadhafi, ou de Saddam Hussein, lorsque les grandes puissances impérialistes sont intervenues en Libye et en Irak pour chasser des régimes qu’elles avaient soutenus pendant des décennies, et y instaurer un chaos sans fin.