Impossible pari

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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

Une semaine après la nomination du gouvernement Valls, l’effet médiatique est déjà dissipé. Ce 13 avril, en première page du Monde — pourtant favorable au régime —, ce titre : « Suppression des départements, Valls face à la colère des élus locaux ». L’article fait état d’une « d’une fronde immédiate des sénateurs » et pronostique que « M. Valls aura fort à faire pour mettre en œuvre cette nouvelle étape de la décentralisation ».

Sous le titre : « Un compromis social impossible », un autre article, toujours en première page du quotidien, souligne l’opposition de la CGT et de Force ouvrière à un pacte de solidarité dont Gattaz, président du Medef, exige qu’il « fasse l’objet d’une loi avant l’été ». Le Monde de conclure : « M. Manuel Valls est donc confronté à une équation sociale bien difficile à résoudre : satisfaire à la fois le patronat et les syndicats (…). Un tel pari semble impossible. »

C’est l’impasse, qui prolonge et confirme l’immense rejet exprimé lors des élections municipales. A l’origine de cette impasse : l’Union européenne. Le pacte de responsabilité ? C’est la transposition des fameux « critères européens » — déficits publics en dessous de 3 % du PIB, dette en dessous de 60 % — dont le non-respect peut entraîner des sanctions de l’Union européenne. D’où les 50 milliards d’euros de coupes dans les dépenses publiques et l’offensive destructrice de la Sécurité sociale de 1945. L’offensive pour liquider les départements et les communes ? Selon le quotidien Les Echos, le prétendu « millefeuille » administratif est partout mis en cause en Europe, en application des directives européennes qui exigent les « économies d’échelle » et visent à déstabiliser toute forme de souveraineté des nations.

Big-bang territorial, pacte de responsabilité : le talon de fer de l’Union européenne et des gouvernements (qui s’y soumettent) se heurte à la résistance de la classe ouvrière et des élus attachés à la démocratie. Et pourtant, ce 15 avril, « Valls jure que l’engagement (des 3 % pour 2015 — NDR) sera tenu » (1). Cet acharnement prépare l’explosion.

Alors, que l’on ne vienne pas nous dire que la solution sera trouvée dans les élections européennes (2). Sortir de l’impasse, cela passe par la mobilisation unie pour « bloquer le pacte de responsabilité pour en finir avec la politique de misère et de chômage » (3).

Le combat politique pour la rupture avec l’Union européenne vise à aider cette mobilisation à s’ouvrir une voie. C’est le sens de l’appel lancé par le Parti ouvrier indépendant qui affirme : « Manifestons notre exigence de rupture avec l’Union européenne en refusant d’aller voter ce 25 mai ! »

(1) Le Figaro (15 avril), qui précise que « la France est aujourd’hui condamnée à réaliser 50 milliards d’économies dans les dépenses publiques entre 2015 et 2017 — et sans doute plus » !
(2) Alexis Tsipras, président du parti grec Syriza, conduit la liste du Parti de la gauche européenne (dont est membre le Front de gauche en France). Interrogé par Mediapart, il déclare : « Le principal axe de notre campagne, c’est la nécessité d’un changement de politique économique de l’Union européenne. » Mediapart l’interroge : « Votre candidature signifie donc que vous cautionnez malgré tout les institutions européennes ? » Tsipras répond : « La possibilité pour la première fois avec ces élections de faire élire le président de la Commission par le Parlement européen, c’est un changement positif (…). Il faut reconnaître qu’une décision positive a été prise. » Changer la politique économique… sans abroger les traités ?
(3) Adresse du bureau national du POI.

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Catégories : EDITORIAL

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