
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Près de cent députés du parti au pouvoir qui menacent de ne pas voter la confiance au Premier ministre — même si c’est pour se rétracter ensuite (11 d’entre eux se sont malgré tout abstenus) — et mettent en cause le pacte de responsabilité ; un ancien premier secrétaire du Parti socialiste, Henri Emmanuelli, qui déclare : « Le Parti socialiste est mort. » Tout cela traduit une crise sans précédent de la Ve République, dans le prolongement du rejet massif des 23 et 30 mars (1).
Il n’en reste pas moins que, droit dans ses bottes, Manuel Valls, ce 8 avril, a confirmé devant l’Assemblée nationale la violence du pacte de responsabilité. Son refrain : « Soutenir les entreprises, dépasser les divergences d’intérêts au profit de l’intérêt général. » Intérêt général ? Traduction : 19 milliards d’euros de coupes dans les dépenses de l’Etat, principalement par la destruction des services publics et le blocage des salaires des fonctionnaires ; 10 milliards dans l’assurance maladie, 11 milliards dans les autres prestations sociales ; 10 milliards dans les budgets des communes et des départements. Chacune de ces mesures frappe l’ouvrier, l’employé, le jeune, le chômeur, le retraité. C’est la noire réaction (2).
Intérêt général ? Ces mesures engagent une véritable dévastation de la situation du peuple déjà lourdement frappé depuis des années par les gouvernements successifs. Valls est pressé : lui et Hollande, dans quinze jours, doivent présenter aux autorités de Bruxelles le détail de leur plan anti-ouvrier.
Tout le paradoxe de la situation se concentre ici. D’un côté, le rejet massif des 23 et 30 mars : le peuple exige que soit arrêtée la marche à la dévastation dictée par le respect des traités européens. D’un autre côté, tous les partis institutionnels, de l’extrême droite à l’extrême gauche, viennent nous dire : il y a une solution dans le cadre de l’Union européenne, il faut participer à l’élection du 25 mai pour introduire dans ces institutions un peu de social, les infléchir dans le bon sens.
Comme le signale l’appel lancé par le Parti ouvrier indépendant : « L’Union européenne, ses traités, la Banque centrale européenne (BCE) ont été taillés sur mesure par le capital financier international, les banques et les gestionnaires de fonds spéculatifs pour leurs seuls intérêts. (…) L’Union européenne, c’est la dévastation de la Grèce, la ruine du Portugal, la misère généralisée en Espagne. (…) L’Union européenne, c’est, en France, le pacte de responsabilité de Hollande-Gattaz-Valls. (…) C’est tromper les travailleurs, les jeunes, les retraités que de laisser croire qu’il serait possible au Parlement européen d’infléchir la politique de l’Union européenne et de la BCE ! ».
Le Parti ouvrier indépendant, membre de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples, inconditionnel partisan de la paix et de la fraternité entre tous les peuples d’Europe, appelle toutes et tous à se grouper autour de cet appel pour exprimer leur exigence de rupture avec l’Union européenne et de rejet du pacte de responsabilité. Et préparer ainsi les combats à venir.