Gouvernement de combat

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L’EDITORIAL d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

« Un gouvernement de combat » : c’est en ces termes que François Hollande a justifié la désignation de Manuel Valls comme Premier ministre. Lequel Valls, prenant ses fonctions, s’est engagé à « aller encore plus loin et plus vite » que son prédécesseur. Combat ? Contre quoi, contre qui ? En mettant l’accent sur la réduction brutale des cotisations à la Sécurité sociale, Hollande met à l’ordre du jour l’asphyxie financière délibérée, donc la démolition de la Sécurité sociale. Là est la priorité de l’action anti-ouvrière du gouvernement Valls. Avec bien sûr, à la clé, le fameux pacte de responsabilité : 50 milliards d’euros de coupes dans la dépense publique, 30 milliards d’euros de cotisations patronales aux allocations familiales supprimés !

Le rejet du 23 mars a été amplifié le 30 mars. Rejet de la politique du gouvernement, rejet des directives de l’Union européenne, rejet de l’austérité. Et contre vents et marées, Hollande prétend continuer.

Telle est la logique de la soumission aux institutions de la Ve République et de l’Union européenne. La classe capitaliste dicte ses exigences.

L’Union européenne les met en forme en leur donnant un caractère juridiquement contraignant avec ses traités et les sanctions qu’ils permettent en cas de non-respect. Insérées dans celles de l’Union européenne, les institutions de la Ve République permettent au président, doté de tous les pouvoirs, d’imposer coûte que coûte ses diktats.

Certes, certes. Mais pour aller où ? Annoncé le 1er janvier, le pacte de responsabilité a dressé contre lui le 18 mars la grève interprofessionnelle et les manifestations appelées par CGT, CGT-FO, FSU, Solidaires. Puis, lors des élections municipales des 23 et 30 mars, le peuple a rejeté massivement cette politique. L’Union européenne, au compte de la classe capitaliste, exige que le cap soit maintenu. Quelle est la marge de manœuvre d’un Hollande ? Dès lors qu’il se soumet aux institutions, il n’a plus, comme il l’a annoncé lundi soir, qu’à implorer Barroso de bien vouloir lui accorder un délai supplémentaire.

« Plus vite, plus loin », plastronne Valls. Certes, certes. Mais avec quels appuis ? Au moment où cette politique est rejetée par la société tout entière, le choix de Valls comme Premier ministre, c’est la fuite en avant. Ceux qui l’ordonnent ne laissent pas d’autre choix au peuple travailleur que de dénouer lui-même, par sa propre action de classe, la situation d’impasse.

Ces institutions de la Ve République et de l’Union européenne ne peuvent conduire qu’au désastre contre le peuple. Bloquer la marche au désastre appelle le démantèlement de ces institutions et des traités européens. Tout se concentre aujourd’hui dans la réalisation de l’unité des rangs ouvriers pour mettre en échec le pacte de responsabilité et les plans mortifères de la classe capitaliste, de l’Union européenne et du gouvernement Hollande-Valls (1).

Mener la discussion entre travailleurs et militants ouvriers sur la situation, faire le point au lendemain des élections, chercher les meilleures voies de l’aide à l’action commune pour bloquer cette politique destructrice. Tel est le sens de l’invitation lancée par les comités du Parti ouvrier indépendant à participer largement aux assemblées-débats ouvertes qui se tiendront dans tout le pays dans les prochaines semaines.

(1) Ce 31 mars, la mobilisation unie des travailleurs et des organisations au Havre a permis que les poursuites contre les militants syndicaux soient abandonnées (lire dans Informations Ouvrières de cette semaine, page 14).

Catégories: EDITORIAL

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