
Le rejet — Abstention record, atteignant parfois plus de 60 % dans les quartiers ouvriers, effondrement électoral du PS : ce premier tour des élections municipales marque un rejet massif de la politique d’austérité et de destruction des droits ouvriers et démocratiques mise en œuvre par le gouvernement Hollande-Ayrault en application des traités européens et de la volonté du capital financier. Il s’agit d’un désaveu cinglant qui retire toute légitimité à ce gouvernement ainsi qu’aux institutions sur lesquelles il s’appuie.
Un nouveau pas dans la crise du régime vient d’être franchi. Une crise de régime, car la droite et la gauche, successivement au gouvernement, sont frappées. Toute la représentation politique est touchée. Personne, y compris dans les sommets du PS, ne peut dissimuler la signification politique de l’événement.
Le gouvernement entend cependant poursuivre l’application du pacte de responsabilité, tailler 50 milliards d’euros dans les dépenses publiques et soustraire 30 milliards d’euros des allocations familiales.
Se saisissant des résultats du FN, les dirigeants du PS en appellent au front républicain.
Nul ne peut mettre en accusation les travailleurs et la population qui ont refusé d’apporter leur suffrage aux candidats soutenant le gouvernement Hollande, à commencer par les candidats du PS dont ils estiment — et à juste titre —, deux ans seulement après l’élection de François Hollande, qu’il est responsable de la situation.
Au nom de la lutte contre l’extrême droite, le gouvernement Hollande voudrait imposer une « union nationale », un compromis historique rassemblant droite et gauche, patronat et syndicats avec son « pacte de responsabilité ». Mais le 18 mars, les travailleurs ont répondu à l’appel à la grève interprofessionnelle et aux manifestations, lancé en commun par la CGT, la CGT-FO, la FSU et Solidaires contre le pacte de responsabilité du gouvernement et sa recherche de consensus.
Chaque jour qui passe rend plus pressante l’exigence de rupture avec cette politique qui condamne l’immense majorité à l’incertitude, au chômage et à la misère.
Chaque jour qui passe rend plus pressante l’exigence de rupture avec les institutions de la Ve République et de l’Union européenne.
Chaque jour qui passe renforce l’aspiration d’un nombre grandissant de travailleurs et de citoyens à l’avènement d’une véritable démocratie dans laquelle le pouvoir émanerait d’une Assemblée constituante souveraine.
A l’issue de ce premier tour des élections municipales, il se dégage que seule la mobilisation de l’immense majorité du peuple travailleur avec ses organisations pourra balayer la politique du gouvernement et imposer le rejet du pacte de responsabilité.
Préparer ces combats nécessite la plus large discussion entre travailleurs et militants.
Le POI se félicite des résultats obtenus par les listes d’unité et de résistance à son initiative ou auxquelles les militants du POI ont été amenés à prendre part avec d’autres. Leurs résultats significatifs indiquent la disponibilité immédiate de milliers de travailleurs et de jeunes pour le combat politique pour la rupture (1).
Le Parti ouvrier indépendant vous invite à participer à ses assemblées ouvertes pour échanger et dégager ensemble les moyens à mettre en œuvre pour aider à forger l’unité dans la résistance à la politique du gouvernement.
Paris, le 25 mars 2014 Les secrétaires nationaux Claude Jenet, Daniel Gluckstein, Gérard Schivardi, Jean Markun
(1) Informations ouvrières, organe hebdomadaire du POI, publiera l’ensemble de ces résultats dans son numéro du 25 mars.