
Notre bureau national s’est réuni ce 15 mars :
— en pleine crise des institutions de la Ve République, au moment où une avalanche d’affaires frappe tous les partis institutionnels et tous les hauts personnages de l’Etat, présidents et ministres d’hier et d’aujourd’hui ;
— au lendemain de la signature du pacte de responsabilité Hollande-Gattaz (MEDEF)-Berger (CFDT), et à la veille de la journée interprofessionnelle de grève et de manifestations du 18 mars appelée, pour s’y opposer, par les confédérations CGT et CGT-FO, et par la FSU et Solidaires ;
— après que l’Union européenne a révélé ce qu’elle est en s’acharnant — conjointement avec le FMI — comme elle l’avait fait auparavant en Grèce, au Portugal, en Espagne, à négocier son « aide » en échange des plans d’ajustement destructeurs imposés à l’Ukraine ;
— et alors que la même Union européenne ordonne au gouvernement français qu’il aille plus loin, plus fort, plus vite dans les mesures brutales de « réduction du coût du travail ».
La politique du gouvernement Hollande-Ayrault est massivement rejetée par la population. Ce rejet s’exprimera, sans nul doute, le 18 mars, par la grève et les manifestations, et les 23 et 30 mars, à l’occasion des élections municipales.
Ce gouvernement est déstabilisé par une crise majeure qui frappe toutes les institutions, tous les partis et dirigeants de partis institutionnels de droite comme de gauche. Et pourtant, ce gouvernement prétend imposer au pas de charge les mesures destructrices exigées par Bruxelles et le capital financier.
Le 31 mars, lendemain des municipales, le détail des mesures du pacte de responsabilité sera rendu public, le pacte lui-même devant être adopté par l’Assemblée nationale courant avril ; et, avant fin avril, le gouvernement veut faire adopter également l’acte III de la décentralisation et la loi sur les métropoles, pourtant rejetés par la population et par les élus. Il y a quelque chose d’intolérable à voir ce gouvernement, dont toute la politique est condamnée par toutes les couches de la population, continuer à frapper.
Dans le mouvement ouvrier, l’aspiration à l’unité grandit pour se regrouper et aider à la résistance, à la défense et à la reconquête de tout ce que le capitalisme décomposé prétend détruire. Cette aspiration se dresse contre la prétention de ceux qui veulent accompagner (directement ou indirectement) cette politique du gouvernement, dictée par l’Union européenne, politique qui, en France comme partout dans le monde, veut associer les organisations syndicales au démantèlement des droits et garanties.
C’est dans ce contexte que le bureau national a apprécié la signification des candidatures d’adhérents du Parti ouvrier indépendant dans 118 communes. Une attention particulière a été portée à la présence de 1 671 candidats non membres du POI sur les listes dont notre parti a pris l’initiative, ou à la constitution desquelles il a participé en commun avec des travailleurs et des militants de toutes tendances. Ces résultats nous encouragent à inviter les comités du Parti ouvrier indépendant à organiser soigneusement les assemblées ouvertes des mois d’avril et mai, premier jalon qui conduira au Ve Congrès, congrès ouvert du Parti ouvrier indépendant.
La période qui s’ouvrira au lendemain des municipales appellera la poursuite et l’approfondissement de la plus large discussion entre militants ouvriers et élus de toutes tendances. Qu’il s’agisse des questions posées par la résistance nécessaire à la mise en place des métropoles, qu’il s’agisse des questions posées par le combat pour mettre en échec le pacte de responsabilité et les plans de licenciements, des questions posées par la défense des communes, de la défense de la démocratie et de la lutte contre les institutions de la Ve République et pour une Assemblée constituante souveraine, ou encore des questions posées par le combat contre l’Union européenne.
Nous nous adressons à tous les comités et à tous les militants du parti : ne lâchons aucun des fils tissés dans la dernière période. Toutes les relations politiques établies — dans les listes constituées pour les élections municipales ou dans les liens établis entre militants ouvriers de toutes tendances dans la lutte de classe — doivent être maintenues, prolongées et ouvrir la voie à une élaboration commune.
Pour notre part, Parti ouvrier indépendant, alors que les élections européennes sont convoquées pour le 25 mai, nous réaffirmons que nous ne reconnaissons aucune légitimité à ces institutions de l’Union européenne responsables de ce qui se passe en Ukraine, et de ce qui s’est passé auparavant en Grèce, en Espagne et au Portugal. Du point de vue des peuples et des nations d’Europe, toutes les institutions européennes sont frappées d’illégitimité: Commission de Bruxelles, Banque centrale européenne, et aussi « Parlement » fondé dans le seul objectif, au nom de la stabilité de l’euro, de faire passer les plans meurtriers de « baisse du coût du travail ».
Le Parti ouvrier indépendant, qui a participé à la conférence ouvrière européenne des 1er et 2 mars derniers, établissant des relations fraternelles avec des travailleurs et militants de toutes tendances venus de 19 pays d’Europe, se situe sur le terrain de l’internationalisme ouvrier, dans la perspective d’une véritable union libre des peuples et des nations libres de toute l’Europe, débarrassés des chaînes de l’exploitation, et des institutions et des traités qui les imposent. Hors de question pour le POI de s’inscrire dans le cadre de l’élection « européenne » du 25 mai, élection à un prétendu Parlement qui n’est qu’un instrument d’oppression et d’exploitation des peuples. Pour sa part, le Parti ouvrier indépendant rendra hommage à la Commune de Paris, le 24 mai prochain, date anniversaire de la Semaine sanglante.
Pour débattre de l’ensemble de ces questions, ouvrons largement les portes des assemblées ouvertes du parti. Invitons tous ceux qui le souhaitent à nous rejoindre sans tarder dans la construction du Parti ouvrier indépendant. A ceux qui, à ce stade, ne concluent pas à la nécessité de rejoindre notre parti, proposons de poursuivre le dialogue engagé dans l’action politique commune. Ensemble, cherchons les voies de l’association et de la poursuite du travail en commun au service de l’émancipation de la classe ouvrière. Cela dans le respect de toutes les sensibilités et de tous les courants du mouvement ouvrier, sans cacher que, pour ce qui nous concerne, il s’agit de progresser dans la construction de ce parti dont la classe ouvrière a besoin, en particulier autour de la discussion et du débat ouvert, semaine après semaine, par notre hebdomadaire Informations ouvrières, tribune libre de la lutte de classe.
Adopté à l’unanimité Paris, le 15 mars 2014