Une discussion entre militants

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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

X est militant du PCF. Il propose de monter avec lui une liste pour les élections municipales. Est-ce seulement un problème local ?

X : « Non, évidemment, les élections municipales n’ont pas qu’une dimension locale. Quand le gouvernement décide de diminuer, dès cette année, de 1,5 milliard d’euros les dotations aux collectivités territoriales dont les communes, les conséquences sont préoccupantes pour les populations. Moins de dotation, c’est moins d’argent pour les collectivités pour faire vivre les services publics de proximité, investir pour aménager leur ville ou construire des équipements. »

Il s’agirait donc de combattre contre le gouvernement ? Mais alors, comment comprendre que dans un grand nombre de villes, les candidats du PCF figurent sur les listes du Parti socialiste ?

X : « Ce n’est pas exact. Très majoritairement, le PCF conduit des listes autonomes du PS au premier tour. »

Pourtant, on lit dans L’Humanité que dans 200 grandes villes, le PCF figure sur les listes du PS : Paris, Lyon, Toulouse, Nantes, Rennes, Reims, Saint-Etienne, Angers, Villeurbanne, Brest, Tours… Et au deuxième tour, les candidats du PCF ne se désisteront-ils pas pour ceux du PS arrivés en tête ? N’y aura-t-il pas fusion de listes ?

X : « Certes, mais mon parti appelle quand même à une grande marche le 12 avril pour permettre un grand sursaut de la gauche face aux mobilisations de la droite et de l’extrême droite et face au choix d’austérité du gouvernement et au pacte de responsabilité. »

Manifester le 12 avril, « face à la droite et l’extrême droite et face aux choix d’austérité du gouvernement et au pacte de responsabilité » ? La proposition sonne bizarrement à l’heure où de plus en plus nombreux sont les travailleurs et militants qui tournent leur regard vers le 18 mars, journée interprofessionnelle de grève et de manifestations appelée par deux confédérations syndicales pour combattre la politique du gouvernement en matière de Sécurité sociale, d’emploi et de salaires.

Car n’est-ce pas l’essentiel, l’urgence de l’heure que d’aider à réaliser l’unité pour bloquer le gouvernement ? Ajoutons que, pour ce qui nous concerne, militants du Parti ouvrier indépendant, il s’agit d’aider à cela, en sachant qu’au-delà, il faudra bien balayer ces institutions de l’Union européenne et de la Ve République au service du capital et jeter les bases d’autres institutions.

Mais chaque chose en son temps.

Le lecteur l’aura compris, ce dialogue est imaginaire. Mais si X n’existe pas, ses « réponses » sont bien réelles, puisqu’elles sont tirées de L’Humanité des 18 et du 17 février et de la déclaration de Pierre Laurent du 18 février.

C’est ainsi que la direction du Parti communiste français, alliée de fait au Parti socialiste et au gouvernement, mène une politique qui désoriente les militants qui veulent combattre le pacte de responsabilité Hollande-Gattaz.

Pour sa part, le Parti ouvrier indépendant, par la libre discussion, entend contribuer à l’action commune, sur le terrain de classe, des travailleurs et des militants de toutes tendances pour faire avancer la cause de l’émancipation ouvrière. Tel est le sens de l’appel aux assemblées ouvertes lancé par le conseil fédéral national de notre parti le week-end dernier (lire dans ce journal).

Catégories: EDITORIAL

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