Le pacte présenté à Washington

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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

Washington, 10 février. François Hollande est reçu en grande pompe par Obama. Celui-ci félicite le président français pour l’intervention en Centrafrique et au Mali. Les intérêts de l’impérialisme nord-américain y trouvent en effet leur compte. Le lustre et la magnificence qui entourent cette visite ont un objectif : redorer le blason d’un gouvernement français en pleine décrépitude qui doit néanmoins accomplir sa mission. Hollande est venu aux Etats-Unis accompagné de Gattaz pour « communiquer sur le nouveau pacte de responsabilité » (Les Echos). C’est pour permettre à ce pacte d’être mis en œuvre qu’Obama se doit de sauver le soldat Hollande. Car ce dernier est le seul à même d’imposer (ou de tenter d’imposer) les coups d’une brutalité sans précédent exigés par la classe capitaliste, de Washington à Paris… en passant par Bruxelles.

Paris, 10 février. La presse divulgue les « six chantiers » du « Conseil stratégique de la dépense publique » réuni à l’Elysée : la masse salariale de la fonction publique (gel de l’avancement et du point d’indice, diminution des embauches dans l’Education nationale) (1), l’assurance maladie, les dépenses de solidarité (notamment le RSA), la politique de l’emploi (en particulier l’Unedic), les collectivités territoriales, et un « paquet » comprenant le logement, les transports, etc. Pour atteindre les 50 milliards d’euros de réduction de la dépense publique (en plus des 30 milliards de pillage des allocations familiales), ce plan frappe donc les fonctionnaires, les assurés sociaux, les travailleurs sans ressources, les chômeurs et les services publics rendus par les collectivités territoriales, bref : l’immense majorité !

Bruxelles, 10 février. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, lance un avertissement : le gouvernement français doit « maintenant intensifier les réformes économiques » pour respecter « son propre engagement dans l’accord implicite ». Il s’agit de l’accord de 2013 qui donnait à la France un délai de deux ans pour ramener son déficit en dessous de 3 %, en application du traité TSCG. Aussitôt le gouvernement français donne des gages : il ira au-delà des 50 milliards de coupes prévues d’ici à 2017, « l’enveloppe devra être revue à la hausse » (Les Echos). Toujours plus loin : le soldat Hollande doit franchir de nouvelles lignes dans la guerre d’austérité où il s’est engagé.

A la guerre ainsi déclenchée, il n’y a qu’une réponse : la légitime défense. Et qu’on ne vienne pas parler de négociations ou de « contreparties ». A ce sujet, le 10 février, Jean-Marc Ayrault a eu cette phrase définitive : « La première contrepartie, c’est le dialogue social. » Autrement dit, le gouvernement somme les organisations ouvrières de participer au démantèlement de la Sécurité sociale et des droits ouvriers. En échange, il leur offre le « dialogue social »… c’est-à-dire le droit de blablater tout leur saoul pourvu que les mesures anti-ouvrières soient légitimées !

Aucun pacte n’est possible avec ce gouvernement, aucune contrepartie ! Le soldat Hollande doit perdre la guerre qu’il a déclarée contre le peuple. Pour cela, il n’y a qu’un moyen : l’unité et l’indépendance des travailleurs et de leurs organisations dans la mobilisation par millions pour balayer cette politique de réaction et de régression.

Ainsi s’ouvrira la voie de la rupture avec les diktats de Bruxelles et de Washington, c’est-à-dire la rupture avec la classe capitaliste.

(1) Quel que soit le jeu des annonces et des démentis, c’est bien cela qui est envisagé.

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Catégories: EDITORIAL

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