
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Une nouvelle fois, donc, le gouvernement recule… devant la réaction. Peu importent le détail du projet de loi sur la famille et les mots d’ordre des participants à la « manif pour tous ». La leçon politique est celle-ci : si le gouvernement Hollande-Ayrault accède aussi facilement à la pression de la réaction, c’est qu’il est tout entier soumis aux exigences de l’Union européenne et du capital financier.
Son bilan est là : depuis la contre-réforme des retraites jusqu’à l’acte III de la décentralisation et la mise en place des métropoles ; depuis les mesures d’austérité taillant à la hache dans les services publics jusqu’à la réforme des rythmes scolaires territorialisant l’école ; depuis le « pacte d’avenir pour la Bretagne » en réponse aux « Bonnets rouges » jusqu’au « pacte de responsabilité », le pacte Hollande-Gattaz qui prétend piller 30 milliards d’euros de salaire différé pour les offrir aux patrons (1). Quant aux patrons, ceux d’Arcelor, de PSA, de Goodyear et tous les autres — ces centaines d’entreprises qui licencient à tour de bras —, ils trouvent toujours auprès du gouvernement oreille attentive et aide, accompagnement et encouragement.
Aucune composante de la classe capitaliste ne peut se plaindre de ce gouvernement tout entier à son service.
Pour qui se situe dans le camp de la classe ouvrière, il y a lieu d’en tirer une conclusion : aucun pacte n’est possible avec ce gouvernement. Aucune « contrepartie » ne saurait être acceptée qui « compenserait » le vol des 30 milliards d’euros du salaire différé et le démantèlement des allocations familiales, préparant celui de toute la Sécurité sociale de 1945.
Contraindre ce gouvernement à reculer dans le sens des besoins de la classe ouvrière exige de forger un front uni et compact des travailleurs et de leurs organisations sur les revendications qui sont les leurs, en l’occurrence : contre toute remise en cause de la Sécurité sociale de 1945, contre toute atteinte au financement des allocations familiales par le salaire différé. En un mot, cela exige la construction du rapport de force et donc la préparation de la lutte de classe, seule à même de faire voler en éclats le pacte Hollande-Gattaz.
Dans quelques semaines auront lieu les élections municipales. Comme souvent dans ce pays, ce sera l’occasion, à travers des élections locales, d’exprimer un rejet et une condamnation de la politique du gouvernement en place. Ce rejet s’exprimera sous diverses formes. Dans nombre de localités, les comités du POI sont partie prenante de la constitution de listes regroupant largement travailleurs, militants et organisations de toutes tendances, points d’appui contre la politique anti-ouvrière du gouvernement et de l’Union européenne. Pour cela, une délimitation est indispensable : aucune compromission avec quiconque soutient ce gouvernement, aucun accord avec un parti, un groupe, des candidats qui, sous prétexte d’opposer la « gauche » à la droite, envisageraient de se désister en faveur des partis du gouvernement.
Avant comme après les municipales, ce dont il s’agit, c’est du combat contre le gouvernement et sa politique, non de son accompagnement ou de son accommodation.