2014 est annoncée comme l’année d’une austérité redoublée contre les travailleurs, pire que 2013 : tels sont les vœux du premier de l’An de Hollande. L’offensive se concentre dans sa proposition de « pacte de responsabilité » aux entreprises, dont le centre, a-t-il expliqué, sera « moins de charges sur le travail ». Concrètement : « La Sécurité sociale doit en terminer avec les excès et les abus. » La Sécu, voilà l’ennemi ! Proposition de pacte à laquelle Pierre Gattaz, président du Medef, répond avec empressement, au nom du patronat français, qui, depuis 1945, n’a jamais accepté l’existence de la Sécu. Il revendique pour les patrons 100 milliards d’euros en cinq ans, moitié par pillage de la Sécurité sociale et moitié par cadeaux fiscaux. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, n’est pas en reste. Il demande à être associé au pacte. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, est, lui, chargé d’obtenir de toutes les organisations syndicales qu’elles y participent. Alerte ! L’objectif, c’est d’en finir purement et simplement avec la Sécurité sociale, conquête majeure de la classe ouvrière !
Seulement, voilà : dans les heures qui ont suivi les vœux du président Hollande, la grève démarrait à la SNCM, bloquant le trafic maritime sur Marseille, pour la préservation des 2 500 emplois et pour exiger de l’Etat qu’il tienne ses engagements. Au terme de huit jours de grève, dans l’unité des travailleurs et des syndicats, les salariés de la SNCM ont contraint le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, à prendre des engagements allant dans le sens des revendications avancées. C’est un premier résultat. Mais le gouvernement se refuse à satisfaire la principale revendication : l’application du « pavillon français de premier registre » pour tous les marins travaillant sur le territoire national. Motif : l’Union européenne l’interdit !
Toute la situation de ce début 2014 est concentrée dans ces événements.
D’un côté, conformément aux exigences de déréglementation du capital financier traduites en directives par l’Union européenne, le gouvernement veut imposer la baisse du « coût du travail » dans tous les domaines. L’élargissement de la possibilité du travail du dimanche en est un exemple. Et pour faire passer cette offensive redoublée contre les travailleurs, Hollande a annoncé qu’il recourra aux mécanismes les plus antidémocratiques des institutions de la Ve République — ordonnances et procédures accélérées — en contournant le plus possible le passage devant le Parlement, pourtant à sa dévotion. Au contenu social anti-ouvrier correspond la méthode antidémocratique, l’un et l’autre conformes au caractère réactionnaire et bonapartiste de la Ve République.
De l’autre côté, la grève unie des travailleurs de la SNCM s’inscrit dans la continuité des mouvements de lutte de classe qui ont eu lieu tout au long de 2013. On a vu les travailleurs se dresser de plus en plus massivement contre les plans « sociaux » (plus de 1 000 !) imposés par les patrons avec l’accord et la participation du gouvernement. Ils se sont dressés contre la contre-réforme des retraites avec leurs confédérations CGT et Force ouvrière. Les enseignants, par la grève, les parents et des élus n’ont cessé de se dresser contre la réforme dite des rythmes scolaires et la territorialisation de l’école publique. Les professeurs des classes préparatoires aux grandes écoles ont, par leur grève, unis sur leur revendication, imposé un recul au gouvernement.
En tentant de généraliser cette agression contre la classe ouvrière et la jeunesse, le gouvernement ne laisse pas d’autre choix aux travailleurs que de chercher à rassembler leurs forces en un mouvement uni, tous ensemble avec leurs organisations pour bloquer cette politique destructrice et rejeter toute participation aux pactes en tout genre avec le gouvernement et le patronat (pacte de responsabilité, pacte régional pour l’avenir de la Bretagne, etc.) auxquels le gouvernement voudrait enchaîner les organisations syndicales.
Et ce même gouvernement qui agresse les travailleurs et la jeunesse de notre pays réaffirme l’autre volet de sa politique réactionnaire : la participation grandissante dans les guerres impérialistes, notamment au Mali et en Centrafrique.
Si ce gouvernement, dont la politique est rejetée par la majorité de la population, se permet de poursuivre sur cette voie néfaste, c’est parce qu’il bénéficie du soutien aux sommets du Parti socialiste, des Verts, et des dirigeants du Parti communiste français (allié au PS dans la plupart des villes) contre la volonté de la majorité leurs propres militants. Toutes ces directions agissent ainsi parce qu’elles refusent de rompre les liens de subordination à l’égard des banquiers, des spéculateurs et des représentants du capital financier dont les exigences sont relayées par l’Union européenne et ses traités.
C’est un fait : ce gouvernement bénéficie du large consensus qui lie toutes les formations politiques officielles, de l’extrême droite à l’extrême gauche, aux institutions de l’Union européenne avec lesquelles toutes refusent de rompre et qu’elles prétendent réformer. (Elles chercheront une fois encore à les légitimer à travers la campagne pour l’élection à un prétendu Parlement européen, vernis « démocratique » de la machine de destruction européenne) (1).
Nul doute que les élections municipales, premières élections nationales depuis l’élection de François Hollande, marqueront sous diverses formes le rejet de cette politique. Mais la crise qui secoue toutes les institutions frappe aussi les partis se réclamant, de près ou de loin, du mouvement ouvrier, au sein desquels nombreux sont les militants engagés dans le combat contre le gouvernement et sa politique. Partisans de l’unité, les militants du Parti ouvrier indépendant agissent en ce sens dans tous les domaines, celui de la lutte de classe directe, comme celui des élections municipales. Dans la continuité du « congrès ouvert » du Parti ouvrier indépendant tenu en juin 2013, les comités du POI sont partie prenante de tout regroupement de travailleurs et de militants sur une orientation de rupture. En particulier avec la constitution ou la participation à de larges listes d’unité. Ils agissent afin de rassembler la force politique combattant pour la rupture avec l’Union européenne, pour en finir avec la politique d’austérité.
Il s’agit de la défense de la démocratie. Il s’agit de combattre contre les dérives antidémocratiques par lesquelles le gouvernement Hollande-Ayrault-Valls cherche à criminaliser l’action syndicale, et à favoriser toutes les tensions et tous les conflits sur le terrain du communautarisme pour faire diversion et écran aux légitimes revendications de la classe ouvrière et de la jeunesse.
Il s’agit de la défense des communes, à l’heure où l’acte III de la décentralisation et la mise en place des métropoles menacent leur existence même. Cela au moment où, dans tout le pays, des milliers d’élus de toutes tendances se dressent pour la défense de la libre administration des communes.
Pour le Parti ouvrier indépendant, la constitution de ces listes ouvrira la possibilité d’exprimer les positions qui sont les siennes : le rejet de la politique du gouvernement, l’exigence de la mise en œuvre d’une véritable politique ouvrière, mettront à l’ordre du jour dans leur développement la constitution d’un authentique gouvernement des travailleurs et de la démocratie appelé à prendre les mesures d’urgence qu’appelle la situation, pour la préservation des emplois, pour le maintien et le rétablissement de la Sécurité sociale de 1945, des garanties collectives, des services publics.
La réalisation pratique de telles mesures amorcera la rupture avec les institutions de l’Union européenne et les traités de Maastricht et du TSCG. Ainsi s’ouvrira la voie à l’édification de nouvelles institutions politiques garantissant au peuple qu’il a entre les mains le pouvoir de décider. Cela porte un nom : l’élection d’une Assemblée constituante souveraine prenant sa place dans le cadre d’une véritable union libre des nations et des peuples libres d’Europe.
De manière immédiate, l’heure est à la préparation du combat pour faire reculer le gouvernement et ouvrir ainsi la voie à la rupture avec l’Union européenne. C’est la raison qui nous amène à inviter tous ceux qui veulent combattre en ce sens à rassembler leurs forces, dans la construction d’un authentique parti ouvrier indépendant, libre de toute subordination vis-à-vis de l’Union européenne et du capital financier.
Le bureau national du Parti ouvrier indépendant encourage les comités du parti à inviter dans les assemblées de reprise de cartes les militants et les travailleurs avec qui, depuis des mois, nous combattons. Qu’ils partagent ou non l’ensemble des positions du parti, ils sont invités — dans le prolongement du IVe Congrès, congrès ouvert du Parti ouvrier indépendant — à participer aux assemblées de reprise de cartes et à participer de la discussion commune qui cherche les voies et les moyens de l’action efficace et victorieuse dont la classe ouvrière a besoin.
A bas les ordonnances et l’arbitraire de la Ve République !
Non au pacte de responsabilité !
Oui à l’indépendance des organisations ouvrières !
Oui à l’unité des travailleurs et des organisations rassemblés pour bloquer la politique réactionnaire du gouvernement Hollande-Ayrault et ouvrir la voie à la rupture avec l’Union européenne !
Non à l’intervention française en Afrique, retrait des troupes françaises !
Le 11 janvier 2014
Le bureau national du Parti ouvrier indépendant