Menacés de 300 licenciements sur 340 postes de travail, les salariés de Tilly-Sabco (deuxième exportateur français de poulets), avec leur syndicat CGT, ont poursuivi hier leur grève, bloqué plusieurs heures la RN 12 et manifesté à Guerlesquin, (Finistère), siège du groupe, avant de décider le soir, en assemblée générale, de reprendre le travail ce matin.
Ils rappelaient ainsi au ministre Le Foll son engagement, donné la veille à la sous-préfecture de Morlaix, qu’ils avaient investie à 200 pendant l’entrevue du ministre avec leur P-DG.
Le ministre s’est engagé à intervenir à Bruxelles pour le rétablissement des « restitutions », aides à l’export supprimées par la Commission européenne le 18 juillet, ce qui, selon Daniel Sauvaget, P-DG de Tilly, contraindrait l’entreprise à fermer son secteur export, soit 90% de son chiffre d’affaires. Autrement dit, une quasi fermeture qui toucherait près de 1 000 emplois (emplois induits compris).
Le P-DG a déclaré faire confiance à la parole du ministre et souhaite « travailler avec lui pour sauver l’entreprise », tout en se plaçant dans une perspective globale impliquant également, avec le gouvernement, les élus de la région, l’ensemble de la filière, dont le groupe Doux, actuellement en liquidation judiciaire pour son pôle « frais », et sous surveillance jusqu’au 30 novembre pour ses deux autres pôles (export et produits élaborés).
Pour Corinne Nicole, déléguée CGT, « si les salariés sont sortis dans la rue, c’est qu’ils n’ont plus rien à perdre », et dit-elle, « on ne se laissera pas enterrer sans se faire voir ».