
Tout travailleur, tout jeune, tout démocrate ne peut qu’être indigné par l’expulsion des jeunes collégiens, lycéens ou étudiants appartenant à des familles de l’immigration.
Mais on ne saurait taire la réalité, n’en déplaise aux « bonnes âmes de gauche » qui élèvent des protestations : la réalité, c’est que cette situation intolérable n’est rendue possible que par la décision du gouvernement Hollande-Ayrault de ne pas abroger la circulaire 2007-2008 Sarkozy-Hortefeux, et de l’appliquer.
Quant à l’indignation sélective de ces « bonnes âmes » qui consiste à protester contre l’interpellation de ces jeunes dans l’enceinte scolaire… nous nous permettrons d’observer que du point de vue de la démocratie la plus élémentaire, leur interpellation hors école, suivie de leur expulsion, n’est pas plus acceptable.
Oui, la politique de ce gouvernement (que Valls met en œuvre) s’inscrit dans la longue suite des lois réactionnaires qui depuis 30 ans s’en sont pris aux immigrés : camps de rétention, loi Dufoix contre le regroupement familial, loi Joxe contre les étudiants étrangers, loi Pasqua accentuant les expulsions ainsi que toutes les directives de l’Union européenne mettant en œuvre les accords de Schengen…
Chacune de ces lois, circulaires, directives n’ont d’autre fonction que de « criminaliser » les travailleurs immigrés en les transformant en « clandestins ».
Pleinement solidaire des mobilisations en cours, notamment des jeunes, qui exigent le retour en France de Leonarda Dibrani et de Khatchik Khachatryan, le POI affirme que l’exigence de la démocratie, c’est :
- l’arrêt des expulsions
- l’abrogation des circulaires Sarkozy-Hortefeux et de toutes les mesures prises à l’encontre des travailleurs immigrés et leur famille.
Paris, le 18 octobre 2013
Les secrétaires nationaux
Claude Jenet, Jean Markun, Gérard Schivardi, Daniel Gluckstein