
Vendredi, trois jours après la mobilisation contre la réforme des retraites, le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission Européenne (CE) accentuent, de Vilnius, la pression sur le gouvernement français.
Relevant la « vulnérabilité budgétaire» de la France, le FMI l’exhorte de nouveau à limiter ses dépenses, notamment en réduisant l’accès aux prestations sociales. De son côté, Olli Rehn, commissaire européen chargé des Affaires économiques, répète que « la France va dans la bonne direction en matière de réformes, mais il y a encore beaucoup à faire ».
Pour le FMI, le système de protection sociale doit « basculer » de l’actuel système universel vers un mécanisme basé sur « le niveau de ressources » et les dépenses de santé et d’éducation « être réduites de manière importante » en « privilégiant la qualité sur la quantité ».
Mercredi, pourtant, le gouvernement français avait promis des coupes budgétaires « sans précédent » pour 2014 (15 milliards d’euros). Vendredi, Pierre Moscovici dut répéter que la France « mène depuis 16 mois une politique de réformes extrêmement ambitieuse », dont celle des retraites. Mais leur financement par l’augmentation des cotisations sociales pour les employeurs ne correspond pas aux solutions de la CE car ces mesures, selon elle, chargent le coût du travail au lieu de le réduire.
La France a dévoilé son budget prévisionnel pour 2014. La Commission européenne peut, cette année, exiger des changements si ses objectifs de déficits et ses recommandations ne sont pas suivis.