Des milliers d’ouvriers du cinéma de nouveau sans convention collective… Les ministres s’en lavent les mains

techniciens et ouvriers du cinéma convention collective

s'informerUne annexe à la convention collective du cinéma, concernant les films au budget inférieur à 2,5 millions d’euros, les courts métrages et les documentaires au budget inférieur à 1,5 million d’euros, était discutée depuis plus de dix ans, définissant notamment des minima syndicaux pour les ouvriers, techniciens, habilleuses, etc. travaillant dans ces secteurs. Signée par deux syndicats de salariés et une organisation patronale, elle devait entrer en vigueur le 1er octobre.

Elle a été suspendue par le Conseil d’État, qui estime qu’elle ne prend pas assez en compte « la situation des films les plus fragiles économiquement ».

Informations Ouvrières (N°266, 29 août) a publié des extraits de la lettre ouverte que le directeur de la photographie Pierre-William Glenn vient d’adresser à un réalisateur, Lucas Belvaux, qui a dénoncé récemment l’application de cette convention collective et de sa nouvelle annexe. En voici un moment :

« Te rends-tu compte que tu exonères d’engagements patronaux quant au droit du travail et à une convention collective, les quelque 5 000 structures de production actuelles dont la seule devise est (je le répète souvent) : “Socialisation des pertes et privatisation des profits” ? Pourquoi reprends-tu, en filigrane, toutes les déclarations haineuses et ridicules à l’égard des “techniciens” (oh, le vilain mot) et des ouvriers (encore pire !) qui seraient les fossoyeurs du cinéma ? Je te communiquerai le salaire moyen des salariés du cinéma français si tu le souhaites mais, avoue qu’il est cocasse de voir des producteurs qui gagnent 1,5, 2 ou 2,5 millions d’euros a priori, sur un film, se déclarer incapables de payer correctement des habilleuses ou des coiffeurs en les traitant de fossoyeurs. »

lu dans ioQuant au ministre du Travail, Michel Sapin, et la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, ils actent simplement la décision du juge et renvoient les négociateurs à la table des négociations. Dans un communiqué commun ils déclarent en effet que sauf pour les films au budget supérieur à 2,5 millions d’euros « la mise en œuvre de la convention collective est conditionnée à la mise en place du dispositif prévu par l’annexe dérogatoire applicable à ces films, encore en cours de discussion entre les partenaires sociaux ».

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