La situation s’accélère au Portugal. La semaine dernière la grève générale appelée dans l’unité par la CGTP et l’UGT contre les plans d’austérité du gouvernement rencontre un franc succès. Ce lundi, le ministre des finances, principal architecte des plans d’austérité, démissionne, pour manque de « crédibilité et de confiance ». Mardi : nouvelle démission, celle du ministre des affaires étrangères Paul Portas, dirigeant du parti conservateur chrétien-démocrate (CDS-PP) en désaccord avec la poursuite de la politique de rigueur.
La participation du CDS-PP au pouvoir garantissait jusqu’ici la survie d’une majorité parlementaire chargée d’appliquer les mesures de la Troïka contre une "aide" de 78 milliards d’euros. Ce sont ces mesures qui ont provoqué la grève générale.
Le PS a demandé des législatives anticipées en même temps que les municipales qui doivent avoir lieu à l’automne. Mais l’incertitude gagne l’état portugais et les milieux financiers alors que le 15 juillet la Troïka doit « évaluer » les réformes déjà engagées et annoncer de nouvelles économies de 4,7 milliards d’euros.
Un débat parmi d’autres, hier soir, sur la SIC Internacional entre journalistes et chroniqueurs témoigne de cette incertitude : — "La continuation de ce gouvernement qui a perdu sa cohésion, sa crédibilité, avec un ministre des finances démissionnaire qui déclare que sa politique a échoué, est improbable." — "Le président peut soit décider d’autres élections le même jour que les élections municipales, soit décider de la formation d’un gouvernement d’urgence nationale en attendant ces élections. Le pire serait que ce gouvernement ne tombe pas d’une manière constitutionnelle, mais qu’il tombe dans la rue." — "Il faut cesser avec la politique d’austérité" — "Deux partis qui n’ont aucune sorte de soutien de la part de la société ne peuvent pas continuer."