Des centaines de travailleurs des usines Michelin – 2000 d’après les syndicats - ont manifesté hier, mercredi 26 juin, à Clermont-Ferrand à l’occasion d’un Comité central d’entreprise extraordinaire, contre le plan annoncé de restructuration de l’usine de Joué-lès-Tours, comprenant la suppression de 730 emplois. A l’appel des syndicats, 450 salariés de cette usine avaient fait le déplacement, rejoints par des délégations de six autres sites Michelin.
La Direction offre - dans le cadre des négociations qu’elle veut poursuivre avec les représentants des syndicats jusqu’en novembre - de muter 480 travailleurs de Joué-lès-Tours vers 14 autres sites sur tout le territoire et affirme sa « volonté d’offrir un accompagnement le plus attractif possible » à ceux qui seraient licenciés. On retrouve ici l’un des dispositifs de l’Accord national interprofessionnel - que CGT et FO ont refusé de signer contrairement à la CFDT mais que le gouvernement a transposé dans la loi - autorisant les employeurs à utiliser les refus de "mobilité professionnelle" pour licencier.
« Pas un salarié de Michelin à Pôle Emploi » a commenté Michel Sapin, le ministre du travail, ajoutant que « l’Etat veillera à la qualité du dialogue social… et à la capacité pour cette grande entreprise d’accompagner les restructurations qu’elle considère comme nécessaires » sans provoquer de « casse sociale » ou « casse locale ».
Les salariés refusent massivement licenciements et mobilité. Michel Denis, secrétaire CGT à Clermont a déclaré : « Non à la fermeture, Oui au maintien de l’emploi », soulignant que les salariés de Michelin supportent d’incessants plans sociaux et que le groupe avait réalisé 2,4 milliards d’euros de bénéfices en 2012.