« Le mouvement sera très suivi », a prévu la direction de la SNCF à propos de la grève d’aujourd’hui. Elle a prévu la circulation de 4 trains sur 10 en moyenne sur les lignes TGV et TER, à la suite des appels à la grève (de mercredi 19H00 à vendredi 8H00) des syndicats de cheminots.
Ils rejettent le projet de réforme ferroviaire du gouvernement, qui crée trois établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) et ouvre à un éclatement du système ferroviaire.
Les syndicats CGT, UNSA, Sud-Rail et CFDT, dans leur communiqué, condamnent « l’hyper régionalisation » et la « fragmentation » voulue par la réforme à travers les rapports Bianco et Auxiette. Ils dénoncent l’action de la direction de la SNCF qui « déstructure l’entreprise publique et désorganise la production, presse les conditions sociales pour atteindre ses objectifs contre le service public et le statut des cheminots ».
La fédération FO pointe la responsabilité de l’Europe et de ses mesures, refuse « l’idée d’un carcan imposant l’eurocompatibilité comme modèle » et appelle aussi à la grève du 13 juin « pour la défense du service public, du statut des cheminots », ainsi que du « RH077 », une norme de sécurité ferroviaire.
L’organisation de la grève d’aujourd’hui variera selon le lieu géographique, les différentes catégories de personnel (fret, conduite, entretien) et les syndicats. Les débrayages seront parfois accompagnés de rassemblements comme à la gare Saint-Lazare, où une assemblée générale est appelée par les syndicats CGT, Sud et FO.
A lire dans Informations Ouvrières du 6 juin :
une analyse soulignant qu’avec l’éclatement de la SNCF, c’est bien la remise en cause de l’actuelle réglementation du travail (RH 0077) et la fin du statut en dépit des promesses gouvernementales.
Le gouvernement veut aller très vite et il s’agit de préparer la privatisation totale du ferroviaire imposée par l’Union européenne pour 2019.
IO publie les communiqués publiés par les différentes fédérations syndicales.
A lire également dans Informations Ouvrières du 13 juin un article sur la grève spontanée qui a paralysé la gare Saint-Lazare le lundi 3 juin et les extraits du tract de la section syndicale CGT des agents de conduite de Saint-Lazare qui explique comment la grève unie des contrôleurs et agents de conduite à la suite d"une agression, a permis d’obtenir de la direction huit embauches de contrôleurs. "Ce mouvement est un encouragement pour imposer un recul à ce gouvernement aux ordre de l’Union européenne" conclut l’article.