La police anti-émeute turque a évacué la place Taksim d’Istanbul, à grands renforts de gaz lacrymogènes, dans la nuit de mardi à mercredi après une journée de violents affrontements. Elle n’est pas intervenue, cependant, dans le parc Gezi, dont la destruction annoncée est à l’origine de la contestation, transformé en hôpital de fortune pour soigner les manifestants blessés.
Elle a procédé à des dizaines d’arrestations dont celles de 73 avocats qui dénonçaient la brutalité dont elle a fait preuve depuis le début des manifestations. Ces deniers ont été été relâchés dans la soirée. La police est intervenue tout aussi violemment à Ankara pour disperser environ 5 000 manifestants. Le syndicat des médecins a d’autre part annoncé la mort d’une quatrième victime de la répression.
Le Premier ministre Erdogan avait auparavant averti, devant les députés de son parti, l’AKP (Parti de la justice et du développement, issu de la mouvance islamiste), « ceux qui veulent continuer à semer la terreur » que le pouvoir n’était plus disposé « à faire preuve de tolérance ». Il a justifié à l’avance le recours aux forces de l’ordre pour faire évacuer le parc Gezi. Pour lui, « cette affaire est maintenant terminée » et il a appelé les « manifestants sincères » à se retirer.
Après l’évacuation, une rencontre a eu lieu entre le Premier ministre et des personnalités, censées représenter les manifestants mais contestées par la plupart des associations à l’origine du mouvement. À l’issue de la réunion, le gouvernement a annoncé qu’il n’excluait pas un référendum sur l’aménagement de la place Taksim.
Lire dans Informations Ouvrières du 13 juin: le point de vue du parti de la Fraternité ouvrière qui souligne les enjeux de la mobilisation en cours :
"Le vent a tourné, il est du coté du peuple, de la jeunesse et des travailleurs "
"La révolte qui a explosé contre le gouvernement de l’AKP n’et le monopole d’aucun groupe; au contraire, il est l’expression de courants très différents opposés les uns aux autres. La seule force qui aa le potentiel de rassembler ces différentes fractions de la société, ces différents groupes, c’est la classe ouvrière et ses organisations, avec à sa tête les regroupement des forces syndicales, Disk, esk et autres organisations de masse démocratiques, comme cela s’est passé lors de la chute du régime de Ben Ali en Tunisie (….)
C’est pourquoi, à coté des mots d’ordre de "paix, pain et liberté", s’élève aujourd’hui le cri de "Tayyip Eroga&n, dégage!"