
Mercredi 29 mai, la Commission européenne a exigé du gouvernement français qu’il prenne « des mesures dès cette année pour réformer son système de retraite ».
Selon l’AFP, la Commission recommande notamment à Paris « d’adapter les règles d’indexation, les âges minimum et de taux plein, la période de contribution et les régimes spéciaux, mais en évitant d’augmenter les contributions des employeurs aux régime de retraites ».
Le même jour, Jean-Marc Ayrault lui répond : « La France va respecter ses engagements. »
Vendredi 14 juin, la commission Moreau sur les retraites, constituée par le Premier ministre, rend ses propositions. La presse rapporte que « pourrait être proposé d’allonger la durée de cotisation jusqu’à 44 annuités, revaloriser les pensions en dessous de l’inflation, fiscaliser les bonus pour enfants, aligner le taux de CSG des retraités imposables sur celui appliqué aux actifs mais aussi de durcir le mode de calcul des pensions des fonctionnaires ».
Michèle Delaunay, ministre déléguée chargée des Personnes âgées, déclare « que les retraités doivent comme tous les Français concourir à l’effort national ».
Des sondages sont commandés visant à dresser les travailleurs du privé contre les fonctionnaires et leur statut.
Un prétendu « déficit de 20 milliards à l’horizon 2020 » est invoqué pour camoufler que tout ce dispositif vise à satisfaire aux injonctions de l’Union européenne.
Pour ce faire, on vous cache soigneusement les 30 milliards d’exonérations de cotisations sociales annuelles accordées aux patrons, à quoi s’ajoutent les 20 milliards annuels de crédits d’impôts !
En revanche, ce que ne cache pas le gouvernement, c’est l’accord qu’il cherche à obtenir des organisations syndicales pour les lier à la contre-réforme des retraites exigée par l’Union européenne.
C’est pour cela que la conférence sociale est convoquée les 20 et 21 juin. Jean-Marc Ayrault en a fixé la feuille de route : « Les partenaires sociaux, les représentants de la fonction publique, débattront et discuteront des meilleurs réponses, des meilleures solutions, et ensuite la concertation se poursuivra. » Une loi devrait suivre.
C’est clair ! C’est une tentative d’instaurer un ordre social corporatiste où les syndicats ouvriers, intégrés à l’Etat avec l’organisation patronale, coorganiseraient une contre-réforme des retraites.
Face à l’Union européenne et au gouvernement qui relaie sa politique, défendre l’indépendance des organisations syndicales
C’est pourquoi le IVe Congrès du POI qui vient de se tenir s’adresse à tous :
« Face à l’ultimatum adressé par l’Union européenne, par Barroso lui-même au gouvernement français pour le sommer de boucler la contre-réforme des retraites avant la fin 2013, les travailleurs ne sauraient être dupes des déclarations de Hollande qui prétend résister, tout en s’engageant à mettre en œuvre les contre-réformes. Quant au mouvement ouvrier, il ne saurait accepter de s’intégrer de quelque manière que ce soit à l’élaboration de cette contre-réforme.
Bien au contraire ! Le combat pour la rupture avec l’Union européenne, c’est maintenant, tout de suite, le combat pour l’indépendance des organisations ouvrières, la mobilisation autour de la vieille revendication du mouvement ouvrier :