Pendant tout ce week-end des manifestations réclamant la démission du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan sont programmées dans les villes turques, notamment Istamboul, Ankara et Izmir.
Le discours plus mesuré, que les précédents, prononcé hier par le Premier ministre un forum international à Istamboul, n’a pas entamé la détermination des manifestants qui ne faiblit pas depuis plus d’une semaine.
La violence policière (3 morts et 4785 blessés depuis le début du mouvement) a suscité des divisions au sein du gouvernement turc. En l’absence d’Erdogan, le vice-premier ministre Bülent Arinç, soutenu par le président Gül, a reconnu les « légitimes » revendications des écologistes à l’origine de la fronde. Il a aussi présenté ses « excuses » aux blessés, et a regretté l’usage abusif des gaz lacrymogènes par la police, « qui a fait déraper les choses ».
Les protestations internationales contre la violence de la répression s’amplifient. Au cours même de la conférence d’Istamboul, le commissaire européen à l’Élargissement a une nouvelle fois dénoncé « le recours excessif à la force » et a appelé M. Erdogan au dialogue. La chancelière allemande Angela Merkel lui a emboîté le pas. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a « condamné l’usage disproportionné de la force » par les autorités turques et les « tirs ciblés » contre les journalistes. Les organisations de défense des Droits de l’Homme ont également protesté.
À New York, dimanche, des milliers de personnes sont attendus pour une manifestation en soutien au mouvement de protestation en Turquie.