Un nouveau drame s’est produit jeudi dans un atelier de textiles à Dacca, provoquant la mort de 8 personnes. L’incendie s’est déclaré la nuit - en l’absence de nombreux ouvriers.
Ce drame fait suite à l’effondrement, le 24 avril, d’un immeuble de la banlieue de Dacca, abritant 5 ateliers de confection avec plus de 3000 personnes ce jour là, surtout des femmes. Après 17 jours de recherches dans les décombres, 1006 morts ont été dénombrés. Sur les 2437 personnes sorties vivantes des décombres, plus de 1000 sont gravement blessées ou ont été amputées.
Les ouvriers avaient signalé des fissures la veille de l’effondrement du bâtiment. Depuis 2005, une série d’accidents survenus dans les 4500 usines textiles du Bangladesh, ont fait plus de 1000 morts selon l’OIT, 6000 selon les syndicats.
Par dizaines de milliers les ouvriers ont manifesté dans les rues de Dacca (notre photo). La Fédération nationale des travailleurs du Bangladesh demande l’arrestation et la punition des responsables, l’inspection de toutes les entreprises, le respect des normes de sécurité, la fermeture des installations qui ne les respectent pas, la prise en charge des victimes par l’Etat et un travail pour toutes les victimes qui ne sont plus en état d’exercer leur métier. Le syndicat exige également des donneurs d’ordre qu’ils renoncent à toute commande à des entreprises qui ne garantiraient pas la sécurité.
Le propriétaire de l’immeuble, inculpé d’homicide volontaire par négligence, a été placé en détention provisoire. Le gouvernement a annoncé la fermeture de 18 usines textiles et créé une commission chargée d’inspecter les 4500 usines.
Un responsable de l’OIT, Gilbert Houngbo avertit : « si le Bangladesh veut éviter d’autres tragédies, il doit réaliser cette inspection dans les six mois ». En raison des bas salaires, 30 euros par mois, et de l’absence de normes de sécurité réduisant les coûts de production, le Bangladesh est le deuxième exportateur mondial de vêtements.