
François Hollande a, mardi pour la première fois, avancé l’hypothèse d’un remaniement gouvernemental en forme de pressions sur ses ministres. Tout en restant évasif sur la date, il a affirmé à Paris-Match qu’aucun ministre n’était « protégé », que « personne n’a d’immunité ».
Les désaccords publics se sont multipliés, en un an de gouvernement. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, s’est ainsi opposé au Premier ministre Jean-Marc Ayrault sur le dossier Florange. Plus récemment, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie, a critiqué M. Montebourg sur la vente de Daily Motion puis a été désavoué par M. Hollande.
Selon les propos que laisse filtrer l’entourage du chef de l’État, il manquerait à Bercy un « véritable chef ». Le président Hollande, en faisant distiller ce genre de commentaires alimente les hypothèses sur l’identité d’un futur ministre des Finances et la crainte du remaniement, véritable « douche froide », met sous pression les uns et les autres.
« Nul n’est irremplaçable », a averti la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem, ajoutant que « la question que les membres du gouvernement doivent se poser sans cesse est celle de leur contribution à un travail collectif ».
Lors d’un conférence de presse prévue pour le 16 mai, François Hollande pourrait annoncer un remaniement fin juin, destiné à appliquer les « réformes structurelles audacieuses » exigées par la Commission européenne. Auparavant se tiendra une conférence sociale. Lundi, le gouvernement recevra, séparément, les organisations patronales et syndicales pour la préparer.