Environ 400 000 salariés de la métallurgie allemande ont depuis une semaine pris part à des grèves à l’appel de leur syndicat, l’IG Metall. Des arrêts de travail ont eu lieu dans 1 600 entreprises. Le dernier accord syndicat-patronat sur les salaires est venu à expiration le 30 avril. La revendication porte sur une augmentation de 5,5 % à compter du mois de mai alors que le patronat propose 2,3 % à partir de juillet.
Le succès de négociations locales peut ensuite déboucher sur un accord national pour les 3,7 millions de salariés concernés par la convention collective. La mobilisation a été forte dans l’État du Bade-Wurtemberg où sont implantées les usines Porsche et Daimler ainsi qu’en Bavière dans les usines BMW.
Pour l’instant, le mouvement s’est limité à des grèves d’avertissement qui, d’après la législation, ne nécessitent pas un vote des salariés. Le syndicat a l’intention de demander un vote en faveur d’une grève illimitée si aucun accord n’est trouvé d’ici le week-end des 19-20 mai.
L’ Allemagne a connu en 2013 une recrudescence des mouvements de grève : à Lufthansa, à Amazon, à la Poste, où les salariés ont obtenu une augmentation de 5,7 %.
La multiplication des contrats de très courte durée et le développement du travail temporaire, mis en œuvre en 2003 par le gouvernement Schroeder dans le but d’accroître la flexibilité, ont contribué à réduire le rôle des syndicats dans la fixation des salaires. Selon un récent rapport de l’OCDE, la proportion d’entreprises couvertes par une convention collective était tombée de 63 % en 2001 à 47 % en 2006.